Tchad : La HAMA condamne l’arrestation de deux journalistes et défend la liberté de la Presse
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Tchad : La HAMA condamne l’arrestation de deux journalistes et défend la liberté de la Presse

La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a rendu public ce lundi un communiqué officiel dénonçant fermement l’interpellation et la détention arbitraires de deux journalistes du média Le N’Djam Post, arrêtés dans l’exercice de leurs fonctions le samedi 26 juillet 2025, sur instruction du maire du 5ème arrondissement de la ville de N’Djamena.

Le communiqué, signé par le Secrétaire général de l’institution, M. Félicien ALLADOUM RADINGAYE, fustige cette arrestation qu’il qualifie d’entrave manifeste au libre exercice du journalisme, pourtant garanti par la Constitution tchadienne et les textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Cette interpellation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient au lendemain du Séminaire national sur la décentralisation, au cours duquel la Présidente de la HAMA, Mme Halime Assadya Ali, avait solennellement plaidé pour le respect et la protection des journalistes. Elle y rappelait que les autorités, à tous les niveaux, ont l’obligation légale et morale de faciliter l’accès des professionnels des médias aux sources d’information.

Or, selon le communiqué, les deux journalistes en question ont été interpellés alors qu’ils couvraient un évènement d’intérêt public. Cette action du maire constitue un acte en totale contradiction avec l’esprit du séminaire et les engagements pris en matière de décentralisation et de transparence.

La HAMA, dans son communiqué, rappelle avec insistance les dispositions du Code d’éthique et de déontologie du journaliste tchadien. L’article 18 stipule que « le journaliste a libre accès aux sources d’informations et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique », tandis que l’article 21 consacre « le droit, sur toute l’étendue du territoire national et sans restriction, à la libre circulation, à la sécurité de sa personne, à la protection légale et à la sauvegarde de sa dignité ».

Ces droits fondamentaux, selon la HAMA, ne sont pas négociables et doivent être scrupuleusement respectés, en particulier par les représentants de l’autorité publique, dont la responsabilité première est d’assurer l’État de droit et non de le bafouer.

Dans sa déclaration, la Haute Autorité appelle les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires à faire preuve de retenue et de responsabilité face aux professionnels des médias. Elle exhorte au respect strict des textes en matière d’information et de communication, et plus spécifiquement ceux relatifs à la liberté de presse et à l’accès aux sources d’information.

Cet incident remet au cœur du débat tchadien la question de la liberté de la presse dans un contexte où les réformes institutionnelles, notamment en matière de gouvernance locale, exigent davantage de transparence et de communication. La réaction de la HAMA marque un point d’alerte : le chemin vers une décentralisation effective ne saurait se faire sans la garantie pleine et entière des libertés fondamentales, au premier rang desquelles celle d’informer et d’être informé.

LA REDACTION

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