Au Cameroun, la tension monte à l’approche de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Le principal opposant, Maurice Kamto, a vu sa candidature rejetée par la Cour constitutionnelle. Dans une vidéo publiée le jeudi 7 août sur sa page Facebook, il a dénoncé un « rejet arbitraire » et des manœuvres politiques orchestrées par le régime du président Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans.
Selon le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), la décision d’écarter sa candidature aurait été planifiée de longue date. Il affirme que tout a commencé après son boycott des élections législatives et municipales de 2020, une stratégie qui, selon lui, n’a pas été digérée par le pouvoir.
« Dès lors, une campagne de diabolisation du MRC et de son président a été lancée, et la décision de nous empêcher de participer à la présidentielle de 2025 était déjà prise » a-t-il déclaré.
Officiellement, Elections Cameroon (ELECAM) a rejeté son dossier car un autre candidat s’était présenté sous l’étiquette du Manidem (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie). Kamto accuse le régime d’avoir fabriqué un nouveau président du Manidem ainsi qu’un faux dossier pour bloquer sa candidature.
Kamto n’a pas ménagé ses mots envers la communauté internationale, qu’il juge silencieuse face à ce qu’il appelle un « crime politique ».
« Cette communauté, si prompte à soutenir la dictature qui écrase notre peuple, s’est assise sur les valeurs qu’elle prétend défendre », a-t-il dénoncé.
L’opposant accuse également le pouvoir d’avoir reporté les élections législatives et municipales prévues en février 2025 afin de priver le MRC d’élus et ainsi bloquer sa participation à la présidentielle.
Pour l’instant, il n’a donné aucune consigne de vote à ses partisans, affirmant que « la lutte continue ».
Pendant ce temps, l’opposition reste divisée. Plusieurs partis ont promis de se rallier autour d’un candidat unique, mais aucun nom n’a encore été annoncé.
Ancien ministre de Paul Biya, Maurice Kamto avait revendiqué la victoire à la présidentielle de 2018. Il avait été emprisonné pendant huit mois pour « incitation à l’insurrection » après avoir contesté les résultats. Libéré peu avant les municipales de 2020, il avait choisi de boycotter ce scrutin.
LA REDACTION
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