En Guinée, le pouvoir dirigé par le général Mamadi Doumbouya a annoncé la suspension, pour une durée de 90 jours, de trois formations politiques majeures : le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ancien président Alpha Condé, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, ainsi que le Parti du renouveau et du progrès (PRP) de Rafiou Sow.
Cette mesure du ministère de l’Administration du territoire, rendue publique le 22 août, intervient dans un contexte politique tendu. L’opposition et plusieurs organisations de la société civile ont en effet appelé à manifester à partir du 5 septembre, afin de dénoncer ce qu’elles considèrent comme une tentative de confiscation du pouvoir par le chef de la junte.
Selon les autorités, ces partis n’ont pas respecté certaines obligations légales, notamment l’ouverture d’un compte bancaire ou la tenue d’un congrès dans les délais requis. « Il leur est interdit d’organiser toute manifestation ou propagande politique, que ce soit au siège national ou dans leurs structures locales », précise la décision officielle.
Les formations concernées disposent désormais d’un délai de trois mois pour régulariser leur situation. Faute de quoi, le ministère avertit que des sanctions supplémentaires pourraient être envisagées.
Cette suspension intervient alors que l’opposition critique fermement l’organisation, le 21 septembre prochain, d’un référendum constitutionnel convoqué par le général Doumbouya. Arrivé au pouvoir en septembre 2021 après le renversement d’Alpha Condé, il avait promis un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Mais le projet de nouvelle Constitution suscite la méfiance. Le texte n’indique pas clairement si le général Doumbouya pourra être candidat à la future présidentielle, ce qui alimente les soupçons d’une manœuvre pour prolonger son maintien au pouvoir.
La charte de transition, adoptée juste après le coup d’État, interdisait explicitement aux membres de la junte, au gouvernement ou aux responsables des institutions transitoires de se présenter aux élections. Or, l’adoption d’une nouvelle Constitution pourrait remettre en cause cette interdiction.
La Rédaction
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