La Confédération des Associations de la Société Civile pour les Droits de l’Homme (CASCIDHO) a annoncé ce mardi avoir saisi le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) au sujet des exactions perpétrées au Soudan. Lors d’un point de presse, son coordonnateur, Mahamat Digadjimbaye, a présenté une série d’éléments accablants documentant ce que l’organisation qualifie de « crimes contre l’humanité » et de « génocide ».
Cette initiative intervient dans un contexte tendu, marqué par une plainte déposée récemment par l’ONG « Priority Peace Sudan » visant le Tchad. Une démarche que la CASCIDHO considère comme une tentative de déstabilisation et de discrédit international. En réponse, l’organisation tchadienne affirme avoir mené une vaste enquête auprès des victimes du conflit soudanais, en cours depuis avril 2023.
Selon Mahamat Digadjimbaye, les investigations de terrain ont permis de récolter des témoignages et preuves matérielles attestant de violences massives ciblant notamment les ressortissants tchadiens présents au Soudan. Parmi les atrocités relevées :
- Exécutions extrajudiciaires,
- Actes de torture,
- Violences sexuelles,
- Déplacements forcés de populations.
« Ces violations ne relèvent pas d’actes isolés. Elles engagent directement la responsabilité du gouvernement soudanais », a insisté le coordonnateur. Les faits présentés entrent, selon la CASCIDHO, dans le champ juridique des crimes contre l’humanité et du génocide, tels que définis par les articles 6 et 7 du Statut de Rome.
Pour donner du poids à cette procédure devant la CPI, l’organisation a constitué un consortium composé de juristes tchadiens et internationaux. Cette équipe sera chargée de défendre la plainte et d’accompagner les victimes dans leurs démarches.
En clôturant son intervention, Mahamat Digadjimbaye a lancé un appel pressant à l’Union Africaine et aux Nations Unies pour qu’elles s’impliquent davantage dans la lutte contre l’impunité au Soudan. Il a réaffirmé que la justice pour les victimes constitue, selon lui, « une exigence impérative de la conscience humaine ».
La Rédaction



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