Le Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Son Excellence Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, s’est longuement exprimé ce samedi lors d’une grande interview accordée à la presse. Un entretien à cœur ouvert au cours duquel il a abordé les grands axes de la diplomatie tchadienne, la place du pays dans le nouvel échiquier géopolitique sahélien, ainsi que plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale et régionale.
L’un des points centraux de l’entretien a porté sur l’évolution des relations entre le Tchad et la France. Le chef de la diplomatie a tenu à clarifier la position de N’Djaména face aux interrogations et spéculations.
Il affirme que le redimensionnement en cours s’inscrit dans une logique « souveraine, lucide et tournée vers l’avenir », sans pour autant rompre les liens historiques et stratégiques qui unissent les deux pays.
Selon lui, il ne s’agit pas d’un divorce diplomatique, mais d’une réorganisation fondée sur « le respect mutuel, la dignité nationale et la recherche d’un partenariat équilibré ».
Le Ministre d’État a également réaffirmé la solidarité du Tchad avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), tout en soulignant l’importance de la coopération sécuritaire régionale.
Le Tchad, a-t-il rappelé, reste un acteur clé de la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’instabilité dans le Sahel.
« Le Tchad demeure aux côtés des États sahéliens », a-t-il insisté, rappelant que la stabilité régionale passe par une approche concertée et un dialogue constant.
Interrogé sur les récentes tensions diplomatiques avec Washington, Dr Sabre Fadoul a évoqué la question des sanctions de visa et une proposition américaine que le Tchad dit avoir catégoriquement refusée.
« On ne peut pas être sous sanctions de visa américain et être ensuite approché pour accueillir les criminels d’autres pays. Le Tchad ne pouvait pas accepter d’être une sorte de poubelle ou un centre pénitentiaire d’une autre puissance », a-t-il déclaré.
Tout en maintenant une position ferme, le ministre affirme que N’Djaména reste ouverte au dialogue, mais uniquement dans un cadre respectueux et équilibré.
Le Ministre d’État s’est montré particulièrement ferme face aux accusations d’une ONG soudanaise évoquant un soutien présumé du Tchad aux Forces de Soutien Rapide (FSR).
« La FSR était un groupe supplétif de l’armée soudanaise. Elle n’a pas été formée au Tchad pour aller au Soudan. Le Tchad n’a jamais abrité une rébellion soudanaise », a-t-il affirmé.
Dr Sabre Fadoul a rappelé l’implication personnelle du président Mahamat Idriss Déby Itno dans les tentatives de médiation dès le déclenchement des affrontements à Khartoum, allant jusqu’à proposer un déplacement pour faciliter le dialogue, une initiative finalement déclinée par le général Al-Bourhan pour des raisons sécuritaires.
Enfin, le ministre a été interrogé sur les récentes déclarations de l’ancien Premier ministre Succès Masra, actuellement au cœur de plusieurs polémiques politiques.
Dr Sabre Fadoul n’a pas mâché ses mots, accusant M. Masra d’une « obsession » du pouvoir.
« Masra a une obsession, la soif du pouvoir, et c’est cette obsession qui lui crée des ennuis », a-t-il lancé.
Une déclaration qui révèle la crispation persistante autour de l’ex-chef du gouvernement et qui pourrait raviver les débats politiques internes.
À travers cet entretien fleuve, le Ministre d’État a voulu projeter l’image d’un Tchad souverain, responsable et résolument tourné vers la stabilité régionale.
Entre clarification des alliances, fermeté face aux accusations extérieures et volonté affichée de dialogue, la diplomatie tchadienne entend, selon lui, suivre une ligne claire : dignité, souveraineté et respect mutuel.
MBAÏLEDE Trésor



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