Le colonel Claude Pivi, surnommé « Coplan », ancien ministre chargé de la Sécurité présidentielle sous la junte du CNDD, est décédé ce mardi à Conakry, à l’âge de 60 ans, après deux jours d’hospitalisation à l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré.
Selon le Parquet général, il est mort d’une « hypoglycémie sévère » liée à la non-observance de son traitement médical. Diabétique et hypertendu, Pivi bénéficiait d’un suivi médical régulier depuis son arrestation en septembre 2024, après sa fuite du Liberia où il s’était réfugié deux ans après s’être échappé de prison avec l’ancien dictateur Moussa Dadis Camara.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juillet 2024 pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, Pivi était une figure clé de ce procès historique. Lors de ce massacre, au moins 156 manifestants ont été tués et plus de 100 femmes victimes de violences sexuelles, selon l’ONU. Sa condamnation symbolisait un tournant majeur dans la lutte pour la justice en Guinée.
Détenu à la maison centrale de Coyah depuis son arrestation, Claude Pivi laisse derrière lui un héritage controversé : respecté pour son rôle dans la garde présidentielle, mais également craint pour son implication dans les violences post-coup d’État. Le Parquet a présenté ses condoléances à sa famille et au peuple guinéen, tout en ordonnant une autopsie pour confirmer les causes exactes de son décès.
La Guinée se retrouve à un tournant judiciaire, alors que certaines audiences du procès du 28 septembre se poursuivent. La disparition de l’un des principaux condamnés pourrait raviver le débat sur mémoire, justice et sécurité des détenus dans le pays.
La Rédaction



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