Tchad : le gouvernement relance la récupération des réserves de l’État et promet une opération de fermeté
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Tchad : le gouvernement relance la récupération des réserves de l’État et promet une opération de fermeté

Le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat (MATUH), Mahamat Assileck Halata, a annoncé ce vendredi la reprise officielle des travaux du Comité national interministériel chargé des réserves de l’État. Suspendus depuis plusieurs semaines afin de clarifier certains dossiers sensibles, ces travaux visent à récupérer, sécuriser et immatriculer les terrains appartenant à l’État, souvent occupés de manière illégale.

Face à la presse, le ministre a insisté sur la nécessité de remettre de l’ordre dans un domaine marqué depuis des années par les abus, les occupations anarchiques et les irrégularités administratives.

« En tant que président de ce comité, je vous informe que les travaux vont commencer. Nous avons des récapitulatifs à réaliser avec certaines institutions, mais cela ne nous empêchera pas de débuter notre travail, qui a beaucoup tardé », a déclaré Mahamat Assileck Halata.

Selon lui, la mission du comité est claire : assurer la restitution systématique des réserves de l’État et leur immatriculation légale, afin de consolider l’autorité publique.

Le ministre a salué l’engagement du maire du 10ᵉ arrondissement de N’Djamena, qui a déjà procédé à plusieurs opérations de récupération de terrains. Il a demandé à l’ensemble des maires de suivre cet exemple « en respectant scrupuleusement les textes, sans aucun abus, mais en récupérant les réserves de l’État, quelles qu’elles soient ».

Mahamat Assileck Halata a également interpellé l’appareil judiciaire, dénonçant l’implication présumée de certains magistrats dans des pratiques illégales liées au foncier.

« Nous demandons à ces magistrats de ne pas freiner l’élan du travail en cours. Nous devons tous travailler ensemble pour renforcer l’autorité de l’État », a-t-il averti, précisant que le ministère de la Justice dont le titulaire est vice-président du comité collaborera étroitement à l’opération.

Le ministre a mis en lumière l’ampleur des dérives constatées : occupations illicites, installations anarchiques, multiplication de faux titres fonciers, et conflits générés par la superposition de plusieurs certificats sur une même parcelle.

« Vous avez un terrain avec trois ou quatre titres différents dessus. Plus on avance dans ce travail, plus on découvre qu’il y a énormément de faux », a-t-il déploré.

Il a ainsi invité les détenteurs de titres à vérifier leur authenticité et a assuré qu’aucune personne impliquée dans ces fraudes « ni ministre, ni général, ni haut placé », ne sera épargnée.

Interrogé sur la méthode de récupération des réserves, le ministre a expliqué que les services spécialisés identifient d’abord les terrains concernés à partir de la cartographie, avant que les mairies n’appliquent la loi sur le terrain. Les cas particuliers seront étudiés individuellement, afin de protéger les droits de chacun tout en garantissant les intérêts supérieurs de l’État.

« Quiconque occupe de façon illicite les réserves de l’État doit les restituer. Point final », a-t-il martelé.

Mahamat Assileck Halata a assuré que les opérations débuteront dès la semaine prochaine, malgré les obstacles identifiés. Il a également prévenu que les fonctionnaires complices d’activités illicites au sein des ministères, des finances et des services du domaine seront « sanctionnés de la manière la plus sévère ».

La reprise des travaux du comité interministériel marque une étape décisive dans la lutte contre les abus fonciers, un problème récurrent au Tchad. Le gouvernement affirme vouloir mener cette opération « par devoir », avec la promesse d’une transparence totale et d’une justice équitable.

« Nous nous assumons en tant qu’autorité de l’État », a conclu le ministre.

La Rédaction

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