Une nouvelle attaque meurtrière vient endeuiller le Soudan en guerre. Lundi 12 janvier 2026, une frappe de drone attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires en conflit ouvert avec l’armée depuis près de trois ans, a visé une base militaire dans la ville de Sinja, au sud-est du pays. Le bombardement a fait 27 morts et 73 blessés, selon les autorités locales.
Le ministre de la Santé de la province de Sennar, Ibrahim al-Awad, a confirmé que la frappe avait touché le quartier général d’une division militaire, où se tenait une réunion réunissant des officiers de l’armée, de la police et des services de renseignement issus de plusieurs États du Soudan. Une source sécuritaire évoque une attaque ciblée d’une rare précision.
Le gouverneur du Nil Blanc, présent sur les lieux, a « échappé de justesse à la mort », indiquent les services de communication de son État. Son garde du corps et le responsable du protocole figurent en revanche parmi les victimes. Sur place, des habitants racontent avoir entendu « de violentes explosions » suivies de « tirs de défense antiaérienne ».
Cette nouvelle offensive s’inscrit dans un conflit qui ravage le pays depuis avril 2023 et oppose l’armée soudanaise aux FSR, entraînant la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes et le déplacement de plus de 11 millions de civils. L’ONU décrit désormais la situation comme la pire crise humanitaire au monde.
Après près de 1 000 jours d’affrontements, le Soudan reste profondément fracturé : l’armée contrôle le nord, le centre et l’est du pays, tandis que les FSR dominent la quasi-totalité du Darfour et certaines zones du sud. À Sinja, cette attaque marque un nouveau dérapage dans un conflit sans horizon politique clair, fragilisant un peu plus les tentatives de retour au calme.
La Rédaction



Laisser un commentaire