Le climat social se crispe dans le secteur éducatif tchadien. Réunie en séance élargie ce samedi, la section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) de N’Djamena a vivement dénoncé l’attitude du gouvernement, pointé du doigt pour son irresponsabilité flagrante et son mépris assumé envers la situation des enseignants. En ligne de mire : le décret n°2850, pourtant adopté, mais toujours pas appliqué.
Le décret n°2850, qui devait établir un statut particulier en faveur des personnels de l’éducation, cristallise désormais la colère. Plus d’un an après son adoption, le texte reste sans effet. Pour le SET, il ne s’agit plus d’un simple retard, mais d’un choix politique délibéré contre l’école tchadienne.
Obtenu après de longues négociations, le décret devait être suivi par un travail en comité placé sous l’autorité du ministère de l’Éducation nationale. « Le gouvernement ne peut pas prétendre renégocier ailleurs ce qui a déjà été convenu. Le décret doit être appliqué immédiatement, sans conditions », martèle le syndicat.
Dans un communiqué alarmant, le SET décrit une réalité de plus en plus intenable : enseignants abandonnés à une précarité humiliante, rémunérations insuffisantes, absence de perspectives, et un traitement jugé inéquitable entre ministères.
Selon le syndicat, tandis que d’autres secteurs obtiennent des améliorations, l’Éducation nationale demeure silencieuse, passive et complice. Une situation indigne, révoltante et moralement inacceptable, alerte le communiqué, qui met en garde contre le risque d’une crise éducative grave aux conséquences durables.
Estimant avoir épuisé toutes les voies de dialogue et de recours, la section provinciale du SET annonce refuser de se taire davantage. Elle accuse le gouvernement d’avoir sciemment sacrifié l’école tchadienne sur l’autel de l’indifférence.
Le syndicat appelle désormais tous ses militants, ainsi que l’ensemble des enseignants du pays, à une mobilisation totale et à la vigilance.
Le communiqué du SET fait office de préavis de grève. À défaut d’un geste concret, clair et immédiat, le mouvement pourrait débuter dès la fin janvier 2026. Une grève susceptible de perturber profondément le fonctionnement des écoles, d’affecter des milliers d’élèves et d’aggraver les fragilités déjà lourdes du système éducatif tchadien.
Le gouvernement sera seul responsable de tout ce qui adviendra, conclut le syndicat, laissant entrevoir un bras de fer social majeur dans les semaines à venir.
La Rédaction



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