Dans une récente interview accordée à Deutsche Welle, l’icône de la musique reggae engagée, Tiken Jah Fakoly, a exprimé son scepticisme face à l’unité proclamée des trois pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Selon lui, cette “union” semble plus symbolique que réelle.
« Les trois pays qui constituent l’AES se disent un. Mais ils ont trois présidents, il y a trois gouvernements. On a l’impression que l’AES, c’est être unis pour éviter d’aller aux élections », a-t-il dénoncé.
L’artiste ivoirien, connu pour son franc-parler et son engagement citoyen, pointe du doigt ce qu’il considère comme une contradiction flagrante entre la rhétorique de l’intégration et la réalité politique sur le terrain. Pour Fakoly, l’unité proclamée sert parfois de prétexte pour contourner les processus démocratiques et retarder les échéances électorales.
Cette critique tombe à un moment où les organisations régionales peinent à convaincre de l’efficacité de leurs institutions face aux défis politiques et économiques. L’AES, censée renforcer la coopération et l’intégration entre ses États membres, apparaît ainsi, aux yeux de certains observateurs, comme une union incomplète, freinée par des intérêts nationaux divergents.
Pour Tiken Jah Fakoly, la véritable unité ne peut être atteinte sans une réelle harmonisation des systèmes politiques et une transparence démocratique. « L’unité n’est pas dans les discours ou les accords signés dans des bureaux climatisés, elle est dans la vie des citoyens », conclut-il
Cette déclaration relance le débat sur la légitimité et l’efficacité des structures régionales africaines, rappelant que la souveraineté nationale et l’intégration économique restent souvent en tension.
La Rédaction



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