Le Burkina Faso a été frappé depuis jeudi par une série d’assauts simultanés attribués à des groupes djihadistes, visant des détachements militaires dans le nord et l’est du pays. Selon plusieurs sources sécuritaires, ces attaques ont fait au moins une dizaine de morts, un chiffre qui pourrait être bien plus élevé dans certaines zones encore difficiles d’accès.
Au pouvoir depuis septembre 2022, la transition dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré fait face à une intensification des violences menées par des organisations affiliées à Al-Qaïda et à État islamique, qui sévissent dans le pays depuis plus de dix ans. Malgré les promesses de reconquête et de sécurisation du territoire, la situation reste explosive.
La ville de Titao, longtemps épargnée par les violences, a été le théâtre samedi 14 février d’une attaque d’une brutalité inédite. Un large contingent d’assaillants, répartis en trois groupes coordonnés, a pris d’assaut le camp militaire local avant de se déployer dans la ville.
Des sources locales évoquent au minimum une vingtaine de morts, un chiffre susceptible d’augmenter à mesure que la communication avec la zone sera rétablie. Après le raid, les rebelles se sont repliés vers le nord, mais auraient menacé de revenir, selon plusieurs appels à l’aide publiés sur les réseaux sociaux par les habitants.
Dimanche soir, lors d’une intervention télévisée sur la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), le porte-parole des forces armées, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouedraogo, s’est voulu rassurant. D’un ton solennel, il a affirmé que la situation à Titao était désormais « sous contrôle ».
Il a salué « la vaillance et le professionnalisme des forces de défense », qui auraient infligé « une lourde défaite aux terroristes », annonçant la neutralisation de plusieurs dizaines d’assaillants. Toutefois, aucun bilan précis n’a été communiqué concernant les victimes civiles ou militaires, et plusieurs zones restent difficiles d’accès en raison du sabotage des infrastructures téléphoniques.
Par ailleurs, une autre attaque survenue dans l’est du pays a également visé des infrastructures techniques et une partie d’un détachement militaire, en partie détruits avant que les forces burkinabè ne reprennent le contrôle.
Depuis plusieurs mois, la junte a drastiquement ralenti ses communications sur les attaques djihadistes, malgré des violences qui continuent de frapper régulièrement les zones rurales du pays. Les informations proviennent désormais quasi exclusivement de sources sécuritaires, de témoignages locaux et de médias indépendants.
Cette opacité contribue à l’inquiétude croissante de populations déjà éprouvées par plus d’une décennie d’insécurité, de déplacements massifs et d’attaques meurtrières.
Alors que les groupes djihadistes poursuivent leur stratégie d’encerclement des grandes villes et de harcèlement des positions militaires, les attaques de ces derniers jours rappellent la fragilité persistante du dispositif sécuritaire burkinabè.
À Titao comme ailleurs, les habitants vivent toujours dans la crainte d’un nouveau raid, tandis que les forces armées tentent de restaurer l’ordre dans un contexte d’insurrection persistante.
Le Burkina Faso, meurtri mais résilient, fait face à l’un des défis sécuritaires les plus complexes de la région sahélienne, un combat dont l’issue reste, pour l’heure, incertaine.
La Rédaction



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