Réunis en assemblée générale ce jeudi 19 février 2026, les membres du Syndicat des enseignants du Tchad section de N’Djamena ont tranché : la grève, entamée depuis lundi 16 février, se poursuivra pour deux semaines. Une décision lourde, mûrie, et portée par un mot d’ordre unique : l’application immédiate et sans condition du décret n°2850 portant statut particulier de l’enseignant.
Dans la cour où s’est tenue la rencontre, les visages étaient fermes, les voix déterminées. À l’unisson, les enseignants de la N’Djamena ont réaffirmé ce qu’ils considèrent comme un droit légitime, trop longtemps repoussé, trop souvent relégué au second plan.
Selon les représentants syndicaux, le gouvernement a multiplié les promesses non tenues. Le décret 2850, censé améliorer les conditions de travail, la reconnaissance professionnelle et le traitement salarial du corps enseignant, reste dans les tiroirs. Une situation jugée inacceptable par la base.
« Nous n’avons plus de marge de patience. Les enseignants ne demandent pas des privilèges : ils exigent simplement le respect de la loi », martèle un membre du bureau syndical.
Depuis quatre jours, les écoles publiques de la capitale sont paralysées. Les salles de classe vides résonnent comme le symbole d’un malaise profond. Les parents oscillent entre inquiétude et compréhension, conscients que l’enjeu dépasse les seules revendications matérielles : il s’agit de la dignité d’un corps professionnel essentiel au pays.
Cette prolongation de la grève place les autorités devant une équation délicate : céder pour apaiser ? Négocier pour retarder ? Ou ignorer au risque d’amplifier la crise ?
L’éducation, déjà fragilisée par des années de tensions sociales, se retrouve une nouvelle fois sur la ligne de front.
À N’Djamena, la décision annoncée ce 19 février ne laisse aucun doute : les enseignants sont prêts à tenir. Leur combat, disent-ils, dépasse leurs propres préoccupations. Il s’inscrit dans une volonté de bâtir une école plus juste, plus stable, plus respectueuse de celles et ceux qui portent chaque jour le savoir.
Pour l’heure, la capitale attend. Les élèves attendent. Les enseignants, eux, restent debout.
MBAÏLEDE Trésor



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