À N’Djaména, le parti au pouvoir veut passer de la promesse à la vérification. Réunis ce jeudi autour du secrétaire général du Mouvement patriotique du salut (MPS), les élus locaux du parti ont été conviés à un exercice peu habituel : scruter, analyser et réévaluer leur propre action sur le terrain.
Au cœur des échanges, un chantier politique majeur porté par le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno : la décentralisation. Mais cette fois, le discours s’accompagne d’une méthode. Le MPS a officiellement enclenché un programme de suivi-évaluation des exécutifs locaux couvrant l’ensemble des 23 provinces du pays.
La capitale ouvre le bal. Les maires et responsables des dix arrondissements de N’Djaména sont les premiers à passer au crible dans ce processus qui se veut méthodique et sans complaisance.
L’objectif affiché est clair : dresser un bilan lucide du fonctionnement des exécutifs locaux. Entre contraintes administratives, insuffisances juridiques et défis techniques, les responsables du parti entendent identifier ce qui freine l’efficacité de l’action publique au niveau territorial.
Pendant plusieurs jours, les élus échangeront avec les cadres du parti afin de mettre en lumière les difficultés rencontrées sur le terrain, mais aussi les marges de progression possibles. Il s’agit, selon les organisateurs, de transformer les constats en décisions opérationnelles.
Au-delà du simple bilan, cette initiative vise à redéfinir la trajectoire des collectivités dirigées par des élus du MPS. Le parti estime qu’un ajustement stratégique s’impose pour donner un second souffle à la gouvernance territoriale.
Dans un contexte où les attentes des populations se font de plus en plus pressantes, la décentralisation est présentée comme un levier essentiel pour rapprocher l’administration des citoyens et rendre les politiques publiques plus réactives.
En lançant ce programme d’évaluation interne, le Mouvement patriotique du salut cherche aussi à envoyer un message : la décentralisation ne peut plus rester un simple principe inscrit dans les textes. Elle doit désormais se traduire par des résultats visibles dans les communes et les provinces.
Pour le parti présidentiel, cette démarche marque une nouvelle étape : celle d’une gouvernance locale davantage contrôlée, structurée et tournée vers l’efficacité.
Dans les prochains jours, les conclusions des échanges devraient déboucher sur une feuille de route destinée à redynamiser l’action des exécutifs locaux à travers tout le Tchad. Un chantier politique qui, s’il est mené à terme, pourrait redéfinir la relation entre l’État, les collectivités et les citoyens.
La Rédaction



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