Le Programme National de Lutte contre le Paludisme, PNLP, a réuni la presse ce samedi 28 mars 2026 pour dresser un premier bilan de la campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, lancée officiellement le 7 mars. À la tête de cette communication, son Coordonnateur, Dr Mahamat Saleh Issakha Diar, a salué une opération d’envergure inscrite dans l’Action 77 des « 12 chantiers et 100 actions » impulsés par le Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno. Une action qui ambitionne de réduire durablement l’incidence du paludisme, l’un des fléaux sanitaires majeurs du pays.
Entrée dans sa phase la plus sensible, la campagne a désormais basculé dans la distribution porte-à-porte, menée simultanément dans six provinces de la première vague. Les équipes traversent les régions de Sila, Salamat, Mandoul, Moyen-Chari, Logone Occidental et Logone Oriental, où elles ont déjà déposé 3 700 000 moustiquaires directement dans les ménages. Un démarrage qualifié de « très satisfaisant » par le Coordonnateur, qui s’est réjoui de « l’accueil chaleureux » réservé aux agents. « La santé vient à la porte des citoyens, et c’est une fierté pour notre système de santé », a-t-il déclaré.
Alors que des rumeurs et tentatives d’abus commencent à circuler, le PNLP a rappelé avec fermeté le caractère entièrement gratuit de l’opération. Dr Diar a été sans ambiguïté : « Aucun agent ne doit demander un seul franc, ni pour le recensement ni pour la remise de la moustiquaire. Si cela arrive, la population doit dénoncer immédiatement ces pratiques. » Il a rappelé que l’Action 77 s’inscrit dans un effort national de solidarité et ne doit, en aucun cas, être détournée en opportunité commerciale.
Sur le plan technique, le Coordonnateur a insisté sur les règles d’usage des moustiquaires, notant que certains ménages ont tendance à les installer trop précipitamment. « Il faut impérativement aérer la moustiquaire à l’ombre pendant 24 heures avant son installation. C’est la garantie d’une protection efficace et sans irritation », a-t-il souligné, rappelant l’importance de cette étape pour optimiser l’efficacité des MILDA.
Autre nouveauté majeure : la digitalisation complète du suivi de la distribution. Un système numérique permet désormais de contrôler les stocks, de géolocaliser les zones couvertes et d’évaluer en temps réel les performances des équipes. Cette approche modernisée, qui marque une rupture avec les campagnes précédentes, vise à renforcer la transparence et l’efficacité opérationnelle.
Dans les prochains jours, la campagne basculera vers sa deuxième phase, qui concernera les provinces de Tandjilé, Guéra, Chari-Baguirmi, Mayo-Kébbi Est et Mayo-Kébbi Ouest. Le PNLP appelle les populations à collaborer pleinement avec les agents en fournissant les informations nécessaires pour garantir une distribution fluide et exhaustive.
« Aucun quartier, aucun village ne sera oublié », a assuré Dr Diar. Cette campagne triennale de distribution de masse constitue l’un des moyens les plus efficaces pour renforcer la protection collective contre le paludisme, maladie qui demeure un défi majeur pour le système de santé tchadien. À mesure que les moustiquaires imprégnées se déploient sur le territoire, le pays consolide une barrière vitale contre un ennemi invisible mais persistant. Un pas déterminant vers un Tchad mieux protégé, mieux équipé et pleinement engagé dans la lutte contre le paludisme.
MBAÏLEDE Trésor



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