Mali : l’armée réfute tout échange de jihadistes contre la libre circulation de convois de carburant
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Mali : l’armée réfute tout échange de jihadistes contre la libre circulation de convois de carburant

L’armée malienne a rejeté avec fermeté, lundi, les accusations selon lesquelles près de 200 jihadistes présumés auraient été libérés à la mi-mars dans le cadre d’un accord garantissant le passage sécurisé de convois de carburant, indispensables à une économie nationale déjà fragilisée.

Selon plusieurs sources sécuritaires et politiques citées par l’AFP, les autorités auraient consenti à cette libération en échange d’une trêve jusqu’à la Tabaski, prévue fin mai. Une version que balaie catégoriquement le colonel-major Souleymane Dembélé, porte-parole de l’armée, dénonçant une tentative de « salir l’image du Mali » et d’entamer la confiance entre la population et les forces de défense.
« De la pure manipulation, sans fondement ni source crédible », a-t-il insisté devant la presse.

Depuis septembre, les attaques contre les colonnes de camions-citernes menées par les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont plongé le pays enclavé dans une crise énergétique aiguë, provoquant en octobre une quasi-paralysie économique à Bamako.
Malgré une période d’accalmie, une nouvelle pénurie de gazole a touché la capitale début mars, les réserves étant prioritairement affectées aux centrales thermiques.

L’amélioration soudaine de l’approvisionnement en carburant après la mi-mars a renforcé les soupçons autour d’un accord officieux. Une source sécuritaire malienne avait évoqué la libération de « 198 jeunes », un chiffre proche des « 201 » avancés par un élu local. Tous affirmaient que les détenus étaient soupçonnés d’appartenance à des groupes jihadistes.

Plusieurs sources associatives et locales ont par ailleurs signalé la mort de trois de ces prisonniers récemment relâchés, affaiblis par des problèmes de santé à leur sortie de détention. Deux d’entre eux sont décédés dans la nuit du 22 au 23 mars ; un troisième est mort le dimanche suivant, selon sa famille.

Face à ces affirmations, les autorités militaires persistent : aucune libération massive en échange du passage des convois n’a eu lieu. Mais sur le terrain, les zones d’ombre continuent d’alimenter les interrogations.

La Rédaction

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