Une atmosphère mêlée d’espoir et de vigilance a régné les 4 et 5 avril derniers le long de la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine, où s’est déroulée une vaste mission conjointe de sécurité baptisée « Al-Hamamia ». Conduite sous l’autorité du général de brigade Moubarak Abakar Nassour Hor, l’opération a mobilisé la force mixte des deux pays dans la province tchadienne du Moyen-Chari, entre Ngondeye et Boussa, zones souvent exposées aux tensions transfrontalières.
L’objectif affiché était clair : renforcer la présence militaire, stabiliser les zones sensibles et restaurer la confiance avec les communautés locales. Patrouilles coordonnées, reconnaissance de terrain, vérification des axes de circulation. La mission a permis de rappeler la détermination des deux États à garantir la sécurité des personnes et des biens dans cette région cruciale pour les échanges commerciaux.
Les autorités militaires tchadiennes ont également profité de l’opération pour rencontrer les acteurs administratifs, coutumiers et économiques locaux. Au cœur des échanges : la cohésion sociale, la libre circulation et les défis persistants auxquels les habitants sont confrontés.
À Ngondeye, à Boussa comme dans les campements environnants, les habitants n’ont pas hésité à exposer leurs réalités quotidiennes.
Les principales doléances reviennent comme un refrain : manque d’infrastructures de base, absence d’accès durable à l’eau potable, difficultés de pâturage pour les éleveurs, conditions de vie précaires. Autant de problématiques qui nourrissent parfois des tensions et freinent les activités économiques.
Face à ces préoccupations, le commandement a assuré qu’une série d’actions civilo-militaires sera déployée dans les prochains mois. Objectif : apporter des réponses concrètes, améliorer les conditions de vie et consolider le lien entre l’armée et les populations.
L’opération « Al-Hamamia » apparaît ainsi comme un signal fort envoyé par N’Djamena et Bangui : la coopération sécuritaire se poursuit, mais elle s’élargit désormais à un dialogue plus humain, plus direct, avec ceux qui vivent la frontière au quotidien.
Si l’initiative a été saluée pour son approche inclusive, les défis restent immenses. Les habitants attendent des résultats tangibles et durables, tandis que les deux pays doivent continuer de conjuguer efforts militaires, diplomatiques et sociaux.
En attendant, la mission conjointe des 4 et 5 avril aura au moins permis une chose essentielle : rompre l’isolement des populations frontalières et remettre la sécurité humaine au centre des priorités.
La Rédaction



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