Le décor est posé dès les premières heures de la matinée du 13 avril au ministère de l’Action sociale : tension palpable, regards déterminés, urgence sociale. Le pont de Nguéli, ce passage névralgique entre N’Djamena et Kousséri n’est plus seulement un corridor commercial. Il est devenu le symbole d’un malaise profond, celui de centaines de personnes vivant avec un handicap, dont les activités ont été brusquement fragilisées par les difficultés de traversée.
Pour la première fois depuis l’escalade des problèmes sur cet axe stratégique, la ministre de l’Action sociale, Zara Mahamat Issa, a réuni autour d’elle les représentants des organisations de personnes handicapées. À ses côtés : le Secrétaire général du ministère, le Directeur général de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, ainsi que le responsable dédié aux questions du handicap. Une réunion serrée, à forte portée humaine.
Objectif : écouter, comprendre, agir.
Car la situation est critique. Plusieurs activités génératrices de revenus déjà précaires ont été suspendues ces dernières semaines, laissant de nombreuses familles sans ressources.
La ministre a d’emblée tenu à clarifier : aucune politique d’inclusion ne peut laisser les personnes handicapées en marge de l’économie nationale. Elle a souligné avoir déjà entamé des discussions préliminaires avec la Direction générale des douanes pour desserrer les premiers étaux administratifs et sécuritaires qui compliquent le passage au pont de Nguéli.
Dans l’immédiat, elle instruit ses services techniques de travailler « main dans la main » avec les organisations concernées afin d’établir les listes officielles des bénéficiaires.
En ligne de mire : la délivrance prochaine de badges et gilets officiels, un dispositif destiné à sécuriser, encadrer et légitimer leurs activités sur le terrain.
La ministre a ouvert la voie à une stratégie plus ambitieuse : engager les institutions publiques et les entreprises privées dans des protocoles d’appui durable. L’objectif est clair : ne pas se contenter de réponses ponctuelles, mais ancrer l’autonomisation des personnes handicapées dans des solutions pérennes.
Consciente des défis multiples, le ministère s’est engagé à renforcer la sensibilisation autour de l’éthique, de la discipline et de la bonne conduite. Une initiative qui se fera en coordination directe avec les groupements concernés.
À travers cette rencontre, le MASSAH envoie un signal sans équivoque :
la traversée du pont de Nguéli ne doit plus être un parcours du combattant pour des citoyens déjà confrontés à de multiples obstacles.
La balle est désormais dans le camp de l’action. Les jours à venir diront si ce sursaut institutionnel ouvrira réellement un passage plus sûr, plus juste et plus digne pour les personnes vivant avec un handicap au Tchad.
La Rédaction



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