Crise autour des frappes au Lac Tchad : N’Djamena contre-attaque face aux accusations onusiennes
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Crise autour des frappes au Lac Tchad : N’Djamena contre-attaque face aux accusations onusiennes

Le gouvernement tchadien hausse le ton. Au lendemain des préoccupations exprimées par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme au sujet de possibles victimes civiles lors des récentes frappes de l’armée contre des positions présumées de Boko Haram dans la région du Lac Tchad, la riposte de N’Djamena n’a pas tardé.

« Ces accusations graves visent à discréditer l’armée tchadienne », s’est indigné le Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Cherif Mahamat, lors d’une déclaration officielle au siège du ministère à N’Djamena. Une prise de parole ferme, presque martiale, destinée à couper court à ce que les autorités considèrent comme une “lecture erronée” de la situation sécuritaire.

Le Tchad, régulièrement engagé dans les opérations militaires contre les groupes armés autour du bassin du Lac, assure que les frappes ciblées menées cette semaine n’ont touché que des positions ennemies. « Aucun civil n’a été blessé ni tué. Nos forces opèrent avec précision, professionnalisme et sens du devoir », martèle le porte-parole du gouvernement, rejetant catégoriquement les allégations relayées par l’ONU.

Cette sortie intervient alors que la région demeure l’un des foyers d’insécurité les plus persistants de Tchad, où les incursions et attaques du groupe djihadiste continuent de menacer villages, militaires et infrastructures.

Mais loin de se cantonner au démenti, le gouvernement choisit la transparence comme ligne de défense. Dans un geste rare, Gassim Cherif Mahamat a indiqué que le Tchad était « pleinement disposé » à accueillir une enquête indépendante afin de vérifier les faits.

Une manière de renvoyer la balle à l’institution onusienne : si accusation il y a, alors preuve il faudra.

Derrière cette controverse se joue une bataille de communication, mais aussi de légitimité. Entre une armée tchadienne qui veut préserver son image de force régionale de premier plan dans la lutte antiterroriste, et une organisation internationale attentive au respect du droit humanitaire, chaque mot pèse.

Pour N’Djamena, laisser planer l’idée d’un dommage collatéral mal maîtrisé reviendrait à entamer la confiance de ses partenaires et à fragiliser un front sécuritaire déjà complexe.

Alors que l’appel à enquête pourrait calmer le jeu, il ne suffira pas à dissiper les tensions. Une chose est sûre : dans ce duel de déclarations, le gouvernement tchadien entend maîtriser le récit et rappeler que, face à la menace terroriste, il demeure déterminé, souverain et sous surveillance internationale.

La Rédaction

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