Une tension inédite secoue une fois de plus le secteur judiciaire tchadien. Les bureaux exécutifs du Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et du Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SYAMAT) ont lancé, ce lundi, un appel conjoint exhortant l’ensemble des magistrats du pays à prendre part à une Assemblée générale extraordinaire.
Au cœur de cette mobilisation : les déclarations jugées « scandaleuses » du ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmad Akhabach, à l’encontre du pouvoir judiciaire. Des propos qui ont suscité une indignation profonde dans les milieux juridiques et ravivé les inquiétudes quant au respect de la séparation des pouvoirs au Tchad.
Selon le communiqué conjoint, l’Assemblée générale se tiendra demain, 26 mai 2026, à 9h précises au Palais de Justice de N’Djamena.
L’ordre du jour est sans équivoque : examiner et statuer sur les propos attribués au ministre, perçus comme une attaque directe contre l’institution judiciaire et ses acteurs.
Pour les deux syndicats, cette rencontre revêt une importance capitale. Ils invitent ainsi « tous les magistrats à une présence massive et à une participation active », estimant qu’il en va de la dignité de la profession et de la défense des principes fondamentaux de l’État de droit.
L’appel conjoint intervient dans un climat déjà marqué par des frictions récurrentes entre certains membres de l’exécutif et le corps judiciaire. Les syndicats rappellent régulièrement la nécessité de respecter l’indépendance des magistrats, pierre angulaire de toute démocratie fonctionnelle.
Si les détails des déclarations du ministre Ali Ahmad Akhabach n’ont pas été explicitement repris dans le communiqué, des sources internes évoquent des propos perçus comme une remise en cause injustifiée du travail des juges, suscitant une vive réaction corporative.
À la veille de cette Assemblée générale extraordinaire, les observateurs soulignent qu’elle pourrait marquer un tournant : soit apaiser les tensions institutionnelles, soit au contraire ouvrir une nouvelle phase de confrontation entre magistrature et exécutif.
Quoi qu’il en soit, l’appel du SMT et du SYAMAT témoigne d’une volonté claire : faire front pour préserver l’intégrité du pouvoir judiciaire et rappeler que toute attaque verbale contre la Justice constitue une atteinte à l’équilibre républicain.
La Rédaction



Laisser un commentaire