Pastoralisme au Tchad : un patrimoine vivant au cœur des défis de demain
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Pastoralisme au Tchad : un patrimoine vivant au cœur des défis de demain

Longtemps considéré comme une activité traditionnelle, le pastoralisme s’impose aujourd’hui comme l’un des piliers stratégiques du développement économique, social et environnemental du Tchad. C’est dans cette perspective que se tiendront à N’Djaména, du 9 au 11 juin prochains, les Journées du Pastoralisme, une initiative portée par le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), l’Institut Français du Tchad (IFT) et la Direction du Développement Pastoral du ministère de l’Élevage et de la Production animale.

Organisée dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux proclamée par les Nations unies pour 2026, cette rencontre ambitionne de replacer les éleveurs et leurs savoir-faire au centre des débats sur l’avenir du développement au Sahel.

Avec un cheptel estimé à près de 130 millions de têtes, dont environ 80 % sont élevées selon le système de transhumance, le Tchad figure parmi les grandes nations pastorales du continent africain. Derrière ces chiffres se cachent des millions de femmes et d’hommes dont la mobilité constitue une réponse ancestrale aux contraintes climatiques et à la rareté des ressources naturelles.

Face à l’avancée de la désertification, à la variabilité des pluies et aux tensions liées à l’accès aux pâturages, les communautés pastorales continuent de démontrer une remarquable capacité d’adaptation. Leur expérience, souvent méconnue, est aujourd’hui reconnue comme un levier essentiel pour la résilience des territoires sahéliens.

« Le pastoralisme n’est pas un héritage du passé, mais un secteur d’avenir », rappellent les organisateurs, qui entendent valoriser son rôle dans la sécurité alimentaire, la préservation des écosystèmes et la création de richesses.

Partenaire historique du Tchad dans les domaines de la recherche et du développement rural, la France accompagnera activement ces journées à travers l’engagement du CIRAD et de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

Selon l’Ambassade de France à N’Djaména, cette coopération vise à renforcer les capacités techniques et institutionnelles du secteur, tout en soutenant l’adaptation des systèmes pastoraux aux défis climatiques et sécuritaires.

Les travaux menés conjointement par les chercheurs français et tchadiens contribuent notamment à mieux comprendre les mutations en cours et à proposer des solutions innovantes pour assurer la durabilité des parcours pastoraux.

Les Journées du Pastoralisme offriront au public un programme riche mêlant recherche scientifique, débats, expositions et projections audiovisuelles.

Le 9 juin, la médiathèque de l’IFT accueillera la présentation de deux ouvrages majeurs consacrés aux transformations des sociétés pastorales : Pasteurs et agropasteurs du Tchad face aux changements et Les sociétés du bassin du lac Tchad. Continuité et ruptures.

Le 10 juin sera consacré à une conférence sur le pastoralisme et le changement climatique au Tchad, suivie du vernissage des expositions Transhumance 360° et Diversités pastorales. Le public pourra également assister à la projection du documentaire Les eaux de la discorde, qui explore les enjeux liés à la gestion des ressources hydriques dans la région.

Enfin, le 11 juin, une immersion sur le terrain à Mandélia permettra aux participants de découvrir le film immersif Transhumance 360°, réalisé auprès d’une famille d’éleveurs chameliers vivant dans cette zone située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de la capitale.

Au-delà du Tchad, ces journées s’inscrivent dans une réflexion plus large sur l’avenir du pastoralisme dans le Sahel. Elles constituent une occasion de sensibiliser les décideurs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs à l’importance d’un secteur souvent sous-estimé malgré son poids économique considérable.

Pour les organisateurs, l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux représente une opportunité unique de repenser les politiques publiques, de renforcer les investissements dans les infrastructures pastorales et de mieux intégrer les préoccupations des éleveurs dans les stratégies nationales de développement.

Ouvertes gratuitement au public, les Journées du Pastoralisme se veulent avant tout un espace de dialogue et de découverte. Une invitation à regarder autrement ces femmes et ces hommes qui, depuis des générations, façonnent les paysages et participent à la vitalité économique du Tchad.

À travers cette initiative, le message est clair : reconnaître les éleveurs pastoraux, c’est investir dans l’avenir du pays et dans la stabilité d’une région confrontée à de multiples défis.

MBAÏLEDE Trésor

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