Devant les députés réunis en séance plénière ce lundi, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Naïr Abakar, a défendu la vision de son département tout en dressant un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle du sport national.
Cette séance de contrôle parlementaire, présidée par le Président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, a donné lieu à des échanges nourris autour des principaux défis qui freinent encore l’essor des disciplines sportives au Tchad. Infrastructures insuffisantes, gouvernance des fédérations, accompagnement des athlètes, financement des compétitions ou encore détection des jeunes talents : autant de questions qui ont animé les débats.
Face aux élus de la nation, le ministre a choisi la voie de la franchise. Selon lui, les difficultés auxquelles est confronté le sport tchadien ne doivent ni être minimisées ni occultées. Pour Naïr Abakar, toute ambition de transformation durable passe d’abord par une lecture lucide des réalités du terrain.
« Une réforme efficace exige un diagnostic sincère », a-t-il affirmé, estimant que la reconnaissance des insuffisances constitue une étape indispensable pour construire des solutions durables et adaptées aux attentes des sportifs.
Le football, discipline la plus populaire du pays, a naturellement occupé une place importante dans les discussions. Le ministre a tenu à dissiper certaines idées reçues concernant les contre-performances enregistrées ces dernières années. Selon lui, le potentiel humain existe bel et bien et les jeunes Tchadiens disposent des qualités nécessaires pour rivaliser au plus haut niveau.
« Le talent est présent dans notre pays. Les jeunes sportifs démontrent chaque jour leur engagement, leur discipline et leur volonté de réussir », a-t-il souligné devant les parlementaires.
Au-delà du football, le membre du gouvernement a rappelé l’ampleur du mouvement sportif national. Le Tchad compte aujourd’hui 37 fédérations sportives reconnues et près de 70 000 pratiquants répartis dans diverses disciplines. Des chiffres qui témoignent de l’intérêt croissant de la jeunesse pour le sport, mais qui appellent également à un renforcement des moyens d’encadrement et d’accompagnement.
Dans son intervention, Naïr Abakar a également insisté sur la dimension sociale et inclusive du sport. Il a rappelé que les politiques publiques en faveur de la jeunesse doivent transcender les clivages politiques et placer l’intérêt général au-dessus de toute considération partisane.
Les députés, pour leur part, ont multiplié les interrogations sur les mécanismes mis en place pour améliorer les performances nationales et accroître la présence du Tchad dans les compétitions régionales et internationales. Plusieurs élus ont notamment plaidé pour une meilleure répartition des infrastructures sportives à travers le territoire ainsi qu’un soutien accru aux jeunes talents issus des provinces.
Cette audition parlementaire intervient dans un contexte où les attentes sont particulièrement fortes. Pour de nombreux jeunes, le sport représente non seulement une voie d’épanouissement personnel, mais aussi un vecteur d’intégration sociale, de cohésion nationale et de rayonnement international.
À l’issue des échanges, une certitude se dégage : la relance du sport tchadien demeure un chantier majeur qui nécessitera des réformes profondes, une gouvernance renforcée et des investissements conséquents. Les débats de ce lundi auront au moins permis de mettre en lumière les défis à relever et les ambitions affichées par les pouvoirs publics pour donner un nouveau souffle au sport national.
Entre exigence de résultats et volonté de transformation, le gouvernement est désormais attendu sur la concrétisation des engagements annoncés devant la représentation nationale.
MBAÏLEDE Trésor



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