Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la structuration de l’écosystème de l’entrepreneuriat vert au Tchad. Réunis ce jeudi à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena, représentants des institutions publiques, partenaires techniques et financiers, entrepreneurs et acteurs du secteur privé ont pris part à la deuxième session d’engagement des parties prenantes consacrée à l’entrepreneuriat vert. Cette rencontre, organisée par l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE), en partenariat avec la Fondation Tony Elumelu et UBA Tchad, a été marquée par l’installation officielle du Comité national de pilotage pour l’entrepreneuriat vert.
L’événement s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les mécanismes d’accompagnement des jeunes entrepreneurs tout en favorisant l’émergence d’activités économiques respectueuses de l’environnement.
Dans son allocution de bienvenue, le Directeur général de l’ONAPE, M. Nousradine Abakar Kessou, a rappelé que l’entrepreneuriat vert constitue aujourd’hui un levier stratégique face aux défis du chômage, des changements climatiques et de la diversification économique. Il a souligné que la première session avait permis d’identifier les attentes et les contraintes des entrepreneurs verts tchadiens, mettant en évidence l’immense potentiel du secteur mais également la nécessité de renforcer les dispositifs de financement, d’accompagnement et de coordination.
« Cette session marque une étape importante dans la consolidation d’un écosystème entrepreneurial vert performant et durable », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de l’ONAPE à traduire les orientations gouvernementales en actions concrètes au bénéfice de la jeunesse tchadienne.
Au cours de la rencontre, le Directeur des opérations de la Fondation Tony Elumelu, Dr Hakeem Onasanya, a présenté les résultats du programme à l’échelle continentale. Depuis sa création, la fondation a formé plus de 2,5 millions de personnes et soutenu plus de 27 000 entrepreneurs dans 54 pays africains grâce à des financements d’amorçage.
Au Tchad, 610 entrepreneurs ont déjà bénéficié de cet accompagnement dans des secteurs variés tels que le commerce, l’agriculture, les bioressources, la foresterie, les technologies de l’information, l’hôtellerie, le tourisme et l’industrie.
Le responsable a toutefois mis en lumière plusieurs obstacles qui freinent encore le développement des entreprises vertes dans le pays, notamment l’accès limité au financement, les difficultés de formalisation des entreprises, les insuffisances en infrastructures, les contraintes énergétiques, l’état du réseau routier ainsi que les défis liés à l’environnement macroéconomique.
Malgré ces contraintes, Dr Onasanya a insisté sur les nombreuses perspectives qu’offre l’économie verte au Tchad. Parmi les secteurs les plus prometteurs figurent les énergies renouvelables, particulièrement le solaire décentralisé, l’économie circulaire et le recyclage des déchets, l’agriculture intelligente face au climat, les projets de crédits carbones ainsi que la mobilité électrique.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de la Fonction publique et de la Concertation sociale, le secrétaire général du ministère, M. Baba Laye, a salué l’initiative qu’il considère comme un instrument majeur pour stimuler l’emploi des jeunes, l’autonomisation économique des femmes et le développement durable.
Selon lui, la création du Comité national de pilotage constitue une avancée décisive dans la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les administrations publiques, le secteur privé, les institutions financières et les entrepreneurs.
« Son rôle sera stratégique pour orienter les actions, faciliter la collaboration, mobiliser les ressources et assurer le suivi des engagements », a-t-il indiqué.
Le responsable a également rappelé que cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision des autorités nationales, notamment dans le cadre des politiques visant à promouvoir l’emploi, la transformation économique et la dynamisation du secteur privé.
Au-delà des échanges et des consultations, cette deuxième session ambitionne de déboucher sur une feuille de route claire pour le développement de l’entrepreneuriat vert au Tchad. Les participants ont été appelés à formuler des propositions concrètes afin de renforcer durablement un secteur appelé à jouer un rôle central dans la création d’emplois et la transition écologique du pays.
Avec la mise en place de ce nouveau mécanisme de gouvernance, les acteurs espèrent désormais accélérer la mobilisation des ressources, améliorer l’accompagnement des entrepreneurs et transformer les opportunités offertes par l’économie verte en véritables moteurs de croissance inclusive et durable pour le Tchad.
MBAÏLEDE Trésor



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