N’Djamena accueille un colloque international pour anticiper les crises climatiques et sécuritaires du Lac Tchad
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N’Djamena accueille un colloque international pour anticiper les crises climatiques et sécuritaires du Lac Tchad

La capitale tchadienne accueille, du 23 au 24 juin, la deuxième édition du Colloque international du Centre de Formation et de Recherche en Gestion des Risques de Catastrophes et Adaptation au Changement Climatique (GERICA-ACC). Organisé au Radisson Blu sous le haut patronage du ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, cet important rendez-vous scientifique et politique est placé sous le thème : « Innover, prévenir et coopérer pour réduire les risques de catastrophe ».

La cérémonie d’ouverture a réuni un parterre de personnalités nationales et internationales, parmi lesquelles le ministre de la Santé publique, des représentants du corps diplomatique, des organisations internationales, ainsi que plusieurs sénateurs, députés et experts engagés dans les questions environnementales, sécuritaires et humanitaires.

Dans son discours inaugural, le ministre de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, a souligné l’importance stratégique de ce colloque dans un contexte marqué par l’aggravation des effets du changement climatique dans la région du bassin du Lac Tchad.

Selon lui, plus de 70 % des catastrophes enregistrées dans cette zone sont directement liées aux aléas climatiques, affectant les moyens de subsistance de plus de 22 millions de personnes. La raréfaction des ressources naturelles, notamment des pâturages et des points d’eau, contribue à l’exacerbation des conflits entre communautés et favorise les déplacements massifs de populations.

« Le bassin du Lac Tchad est devenu un épicentre des défis interdépendants de notre époque. Les enjeux climatiques, sécuritaires et humanitaires y sont étroitement liés et nécessitent des réponses concertées », a déclaré le ministre.

Face à ces défis croissants, le gouvernement tchadien place la lutte contre le changement climatique et la gestion durable des ressources naturelles parmi ses priorités nationales. Hassan Bakhit Djamous a rappelé l’adhésion du Tchad à la Convention sur l’eau en 2018, illustrant ainsi la volonté du pays de renforcer la coopération transfrontalière et la gestion concertée des ressources hydriques.

Le ministre a également insisté sur le rôle central de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) dans la coordination des actions régionales, appelant à un renforcement de ses capacités afin de mieux répondre aux défis communs.

Au-delà des échanges académiques, ce colloque ambitionne de devenir un véritable laboratoire d’idées et d’actions. Les participants sont appelés à produire des recommandations fondées sur des données scientifiques, à renforcer les synergies entre climat, paix et développement, ainsi qu’à favoriser la création de partenariats durables.

Parmi les initiatives majeures évoquées figure la mise en place d’un Observatoire régional Climat-Paix-Sécurité, destiné à améliorer l’anticipation des crises et à soutenir les processus décisionnels dans l’ensemble du bassin du Lac Tchad.

« Les travaux de ces deux jours doivent déboucher sur une vision commune et des engagements opérationnels capables de transformer les défis actuels en opportunités de coopération », a souligné le ministre.

Dans son intervention, Hassan Bakhit Djamous a également lancé un appel à la communauté internationale afin que les engagements pris en matière de financement climatique soient effectivement respectés.

Tout en saluant l’accord historique obtenu lors de la COP28 sur le fonds dédié aux pertes et dommages, il a estimé que les pays les plus industrialisés doivent accélérer la mobilisation des ressources financières en faveur des États les plus exposés aux conséquences du changement climatique.

« Il s’agit d’une question de justice climatique. Les populations les plus vulnérables ne doivent pas continuer à supporter seules les conséquences d’un phénomène dont elles sont les moins responsables », a-t-il affirmé.

Le ministre a par ailleurs mis en avant l’engagement du Tchad dans la mise en œuvre de la stratégie Climat-Paix-Sécurité de l’UNOCA, ainsi que la récente visite du Groupe informel d’experts du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a permis de mettre en lumière l’urgence d’une réponse intégrée aux défis de la région.

Il a également exprimé sa gratitude envers les partenaires techniques et financiers, notamment la Coopération suisse, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), pour leur soutien à l’opérationnalisation du nexus Climat-Paix-Sécurité dans le bassin du Lac Tchad.

En clôturant son allocution, Hassan Bakhit Djamous a rappelé que l’avenir du bassin du Lac Tchad constitue un test majeur pour la capacité collective des États et de leurs partenaires à relever simultanément les défis climatiques, sécuritaires et de développement.

« Le sort du bassin du Lac Tchad est un défi mondial. L’avenir de près de 30 millions de personnes dépend de notre capacité à agir ensemble. L’échec n’est pas une option », a-t-il conclu avant de déclarer officiellement ouverts les travaux du deuxième Colloque international du GERICA-ACC.

Pendant deux jours, experts, chercheurs, décideurs politiques et partenaires au développement échangeront sur les mécanismes innovants susceptibles de renforcer la résilience des populations et de bâtir une paix durable dans l’une des régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique.

MBAÏLEDE Trésor

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