Une nouvelle page s’ouvre dans la promotion et la protection des droits humains au Tchad. Réunis ce jeudi à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena, les responsables de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), les organisations de la société civile et leurs partenaires techniques et financiers ont franchi une étape majeure avec la validation et la signature d’un accord de collaboration destiné à renforcer leur coopération.
Cette initiative, soutenue par le Projet d’Appui au Parlement et aux Processus Électoraux (PAPPE), financé par l’Union européenne à travers le Fonds européen de développement et mis en œuvre par le Centre européen d’appui électoral (ECES), vise à instaurer un cadre permanent de concertation entre les acteurs engagés dans la défense des droits fondamentaux.
Au-delà de la portée symbolique de la cérémonie, les participants ont insisté sur la nécessité de transformer cet accord en un véritable levier d’action. L’objectif est clair : améliorer la coordination, favoriser le partage d’informations, renforcer les interventions conjointes sur le terrain et porter un plaidoyer plus efficace en faveur des populations les plus vulnérables.
Pour Mme Madjiguene Thiam, coordinatrice du PAPPE, cet accord représente bien plus qu’un document administratif.
« Il est le résultat d’un dialogue, d’une volonté commune et d’un engagement partagé entre des acteurs qui œuvrent quotidiennement à la défense des droits fondamentaux », a-t-elle déclaré.
Elle a salué la volonté des différentes parties de bâtir une coopération fondée sur la confiance, le respect mutuel et la complémentarité, estimant que la création d’un cadre permanent de concertation permettra de relever plus efficacement les défis liés à l’accès à la justice, à la protection des groupes vulnérables, à la lutte contre les violences basées sur le genre et à la préservation des libertés fondamentales.
Présent à la cérémonie, Mateusz Prorok, chef de section à la Délégation de l’Union européenne au Tchad, a rappelé que les avancées les plus durables naissent de l’action collective.
Selon lui, l’union des efforts entre les institutions nationales indépendantes et les organisations de la société civile constitue une condition essentielle pour répondre efficacement aux attentes des citoyens.
« Aucun acteur, aussi engagé soit-il, ne peut relever seul les défis liés à la protection des libertés fondamentales », a-t-il souligné, saluant le travail accompli par la CNDH, les organisations de la société civile et l’équipe du PAPPE dans la conduite de ce processus.
Dans son allocution, le président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, a présenté cette signature comme une étape décisive dans la consolidation d’un dialogue structuré entre l’institution nationale des droits de l’Homme et les acteurs de la société civile.
Face à la complexité croissante des enjeux liés aux droits humains, il a insisté sur la nécessité d’une approche concertée.
« La protection des droits fondamentaux exige une synergie d’actions, une complémentarité des rôles et une mutualisation des efforts », a-t-il affirmé.
Le président de la CNDH a également rappelé le rôle essentiel joué par les organisations de la société civile, reconnues pour leur proximité avec les populations, leur capacité d’alerte et leur engagement sur le terrain. Il a assuré que l’accord signé permettra d’institutionnaliser cette collaboration à travers un mécanisme de dialogue permanent et constructif.
Si la signature de l’accord marque une avancée significative, tous les intervenants ont insisté sur un point essentiel : la réussite de cette initiative dépendra de sa mise en œuvre effective.
Les parties prenantes se sont engagées à faire vivre ce cadre de concertation à travers des actions concrètes, capables de produire un impact réel sur la vie des citoyens. La CNDH entend notamment jouer un rôle de coordination et de facilitation afin de garantir la pérennité de cette dynamique.
Dans un contexte où les questions liées aux droits humains demeurent au cœur des préoccupations nationales, cet accord apparaît comme un signal fort en faveur d’une gouvernance plus inclusive et participative.
Par cet engagement commun, la CNDH et les organisations de la société civile affichent leur volonté de construire un front uni pour défendre les libertés fondamentales, renforcer l’État de droit et promouvoir une société plus juste et plus respectueuse de la dignité humaine au Tchad.
La signature de cet accord ne constitue donc pas une finalité, mais le point de départ d’une nouvelle dynamique de coopération au service des droits humains.
MBAÏLEDE Trésor



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