À N’Djaména, le ministre de la Fonction publique et de la Concertation sociale, Abdoulaye Mbodou Mbami, et la directrice du Bureau de pays de l’Organisation internationale du Travail (OIT), Nteba Soumano, ont signé, ce vendredi 14 août, le Programme pays pour le travail décent (PPTD) 2026-2030.
L’accord ouvre un nouveau cycle de coopération entre le Tchad et l’OIT autour d’un enjeu qui dépasse la seule question de l’emploi : faire du travail un véritable instrument de développement, de justice sociale et de stabilité.
La cérémonie a réuni plusieurs acteurs majeurs de la vie publique et économique nationale, parmi lesquels le ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Saleh Bourma, le secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad, Gounoung Vaima Gan-fare, ainsi que le président du Conseil national du Patronat tchadien, Bichara Doudoua. Des membres du gouvernement, représentants d’organisations internationales et partenaires techniques et financiers ont également pris part à l’événement.
Le PPTD 2026-2030 se veut avant tout un cadre stratégique destiné à orienter, durant les cinq prochaines années, les politiques et interventions en matière d’emploi, de protection sociale, de dialogue social et de droits fondamentaux au travail.
Pour le Tchad, l’ambition est de replacer la question du travail au centre des politiques de développement. Il s’agit notamment de favoriser l’accès à des emplois productifs et décents, de renforcer les mécanismes de protection des travailleurs et de promouvoir un dialogue constructif entre l’État, les employeurs et les organisations syndicales.
Cette approche traduit une conviction : dans un pays confronté à d’importants défis sociaux et économiques, la création d’emplois de qualité constitue également un moyen de lutter contre la pauvreté et de réduire les vulnérabilités.
La présence conjointe du gouvernement, des syndicats et du patronat lors de la signature donne une dimension particulière à ce nouveau programme. Elle illustre la volonté de faire de la concertation entre les différentes composantes du monde du travail un pilier de la mise en œuvre du PPTD.
Dans cette perspective, le dialogue social ne se limite pas à la gestion des conflits professionnels. Il apparaît comme un outil de prévention des tensions, de recherche de compromis et de construction d’un environnement économique plus stable.
Le programme entend ainsi contribuer au renforcement de la cohésion sociale et, plus largement, à la consolidation de la paix à travers des politiques favorisant davantage d’équité et de perspectives économiques.
Autre axe majeur : la protection sociale. Le PPTD 2026-2030 entend accompagner les efforts visant à élargir les mécanismes de protection des populations et à mieux répondre aux risques auxquels sont exposés les travailleurs et les ménages vulnérables.
Dans un contexte où l’accès à un emploi stable et formel demeure un défi, cette dimension apparaît déterminante. Elle doit permettre de mieux sécuriser les parcours professionnels et de renforcer la résilience des populations face aux difficultés économiques et sociales.
Avec la signature de ce programme, le Tchad et l’OIT disposent désormais d’une feuille de route commune pour les cinq prochaines années. Son efficacité dépendra toutefois de la capacité des acteurs concernés à traduire les orientations arrêtées en actions concrètes et mesurables.
L’enjeu sera donc de passer des engagements aux résultats : davantage d’opportunités professionnelles, une meilleure protection des travailleurs, un dialogue social renforcé et une prise en compte accrue des droits fondamentaux dans le monde du travail.
À travers le PPTD 2026-2030, le Tchad entend ainsi inscrire le travail décent dans une vision plus large de son développement. Une stratégie qui place l’emploi, la dignité du travailleur et la concertation sociale au cœur de la construction d’une société plus résiliente et plus inclusive.
MBAÏLEDE Trésor



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