Le paysage de l’enseignement supérieur privé au Tchad s’apprête à connaître un tournant majeur. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle annonce l’instauration d’examens nationaux pour les diplômes de Licence et de Master délivrés par les établissements privés.
La réforme a été au cœur d’une séance de travail tenue ce jeudi 20 août 2026 à N’Djamena, dans la grande salle Abderahim Akacha de l’Office national des examens et concours du supérieur (ONECS). La rencontre a réuni les responsables des établissements privés autour du Directeur de l’Enseignement supérieur, Dr Dionko Maoundoé, en présence du Directeur général de l’ONECS, Pr Bakari Abbo, et des responsables techniques de l’institution.
À travers cette décision, les autorités entendent instaurer un mécanisme national d’évaluation des acquis des étudiants issus du secteur privé. Au terme de leur formation, les candidats devront désormais se soumettre à des examens nationaux de Licence et de Master, destinés à garantir un niveau de compétence et de connaissance conforme aux exigences de l’enseignement supérieur.
Pour le ministère, l’enjeu dépasse la seule organisation d’examens. Il s’agit de renforcer la qualité des formations, d’harmoniser les pratiques académiques et de rapprocher l’enseignement supérieur tchadien des standards observés dans la sous-région.
Le Dr Dionko Maoundoé a notamment mis en avant la nécessité d’assainir un secteur privé confronté à des défis persistants en matière de qualité et de crédibilité des formations. La nouvelle architecture devrait ainsi permettre de mieux encadrer les parcours universitaires et de renforcer la confiance accordée aux diplômes issus des établissements privés.
Au-delà du contrôle académique, la mesure entend répondre à une préoccupation longtemps soulevée par les acteurs du secteur : la reconnaissance institutionnelle des diplômes délivrés par les établissements privés.
L’instauration d’une évaluation nationale devrait offrir aux lauréats un cadre plus lisible pour la validation de leurs compétences et faciliter la reconnaissance de leurs diplômes sur le plan national.
Pour les responsables des établissements privés, cette perspective est accueillie favorablement. Ils y voient une opportunité de renforcer la crédibilité de leurs institutions et de mettre fin aux disparités qui peuvent exister dans l’évaluation des étudiants d’un établissement à l’autre.
Chargé de l’organisation pratique des futurs examens, l’ONECS se retrouve au centre de cette nouvelle étape de la réforme universitaire. Son Directeur général, Pr Bakari Abbo, a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner le processus et à mobiliser les moyens nécessaires à sa mise en œuvre.
Reste désormais à transformer l’annonce en dispositif opérationnel. Les modalités d’inscription, les programmes concernés, les calendriers, les conditions de participation ainsi que les mécanismes d’évaluation devront être clairement définis.
Un séminaire technique réunissant les différentes parties prenantes est annoncé dans les prochains jours. Il devra permettre de préciser les contours de ces examens nationaux et de préparer leur mise en œuvre effective.
Avec cette réforme, le Tchad ouvre ainsi un nouveau chapitre dans la régulation de son enseignement supérieur privé. L’ambition affichée est claire : faire de la qualité, de l’équité et de la reconnaissance des diplômes des piliers d’un système universitaire plus cohérent et plus crédible.
MBAÏLEDE Trésor



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