COP17 : le Tchad fait du coton durable une arme contre la désertification
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COP17 : le Tchad fait du coton durable une arme contre la désertification

À Oulan-Bator, le Tchad entend faire de la filière cotonnière un levier de résilience face au changement climatique. À l’occasion de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), un protocole d’accord d’un montant de 14 millions d’euros a été lancé et signé pour promouvoir une production durable de coton dans le sud du pays.

Le coton tchadien pourrait-il devenir un allié de la protection de l’environnement ? C’est l’ambition affichée à travers le nouveau projet intitulé « Mobiliser les secteurs public et privé pour une production durable de coton dans le sud du Tchad », lancé à Oulan-Bator en marge de la COP17 de l’UNCCD.

D’une durée de cinq ans, cette initiative réunit la CBA, LVMH et l’AFAD, avec l’implication des autorités tchadiennes, des producteurs et des institutions de recherche. Présent lors de la cérémonie aux côtés de l’Ambassadrice de France en Mongolie, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a présenté ce partenariat comme une réponse concrète aux défis environnementaux auxquels le pays est confronté.

Au-delà des enjeux économiques liés à la filière cotonnière, le projet entend surtout faire évoluer les pratiques agricoles. Son ambition est de placer l’agriculture régénératrice au cœur de la production, avec l’objectif de mieux préserver les terres, renforcer leur fertilité et accroître la capacité des exploitations à résister aux effets du dérèglement climatique.

Dans un contexte marqué par la dégradation des sols, la désertification et la variabilité croissante des conditions climatiques, cette orientation apparaît comme un changement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de produire davantage, mais de produire tout en restaurant les ressources naturelles dont dépend l’agriculture.

Le projet mise ainsi sur une approche dans laquelle la performance de la filière ne serait plus dissociée de la santé des écosystèmes. Les producteurs locaux doivent occuper une place centrale dans cette transformation, aux côtés des pouvoirs publics et du monde de la recherche.

Pour le ministre Hassan Bakhit Djamous, l’intérêt de cette initiative réside précisément dans cette alliance entre acteurs publics, privés, producteurs et institutions scientifiques. Une coopération qui, selon lui, ouvre la voie à une nouvelle manière d’aborder le développement agricole au Tchad.

Cette approche cherche à faire des communautés rurales non pas de simples bénéficiaires, mais des acteurs à part entière de la transition écologique. Leur implication doit permettre d’adapter les pratiques aux réalités locales et de construire des solutions durables face à l’épuisement des terres et aux pressions climatiques.

Le pari est également économique : une agriculture plus respectueuse des ressources naturelles peut contribuer à sécuriser les revenus des producteurs tout en renforçant, à terme, la durabilité de la chaîne de valeur du coton.

Le projet s’inscrit dans les orientations du Plan national de développement et de la vision Tchad Connexion 2030, tout en traduisant, selon le ministre, la volonté des autorités de placer la question climatique parmi les priorités du développement national.

À travers cette initiative, le Tchad cherche ainsi à faire converger deux impératifs souvent présentés comme contradictoires : développer une filière agricole compétitive et préserver les ressources naturelles.

La COP17 aura donc servi de cadre à un engagement qui dépasse la seule question du coton. Dans le sud du Tchad, l’enjeu est désormais de démontrer qu’une filière agricole peut contribuer à restaurer les terres plutôt qu’à les épuiser, renforcer les communautés plutôt que les fragiliser et participer à la lutte contre la désertification.

Avec ses 14 millions d’euros sur cinq ans, ce partenariat constitue un test grandeur nature. Sa réussite se mesurera moins au montant investi qu’à sa capacité à transformer durablement les pratiques agricoles et à faire du coton tchadien un exemple de production compatible avec la protection de l’environnement et l’adaptation au changement climatique.

MBAÏLEDE Trésor

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