Wadi Fira : à Biltine, le ministre Assileck Halata met la gouvernance foncière à l’épreuve du terrain
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Wadi Fira : à Biltine, le ministre Assileck Halata met la gouvernance foncière à l’épreuve du terrain

La tournée du ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, dans la province du Wadi Fira, se poursuit avec un passage marqué par un diagnostic sans détour des réalités foncières et administratives de Biltine.

Pour cette quatrième étape, le ministre a rencontré les responsables de sa délégation provinciale afin d’évaluer le fonctionnement des services, mais surtout de mesurer les obstacles qui compromettent la bonne gestion du territoire.

Au cœur des échanges : le foncier, les réserves de l’État et les moyens dont disposent les agents chargés de faire respecter les règles d’urbanisme.

La délégation provinciale a présenté un tableau contrasté. Malgré les missions qui lui sont confiées, elle continue de fonctionner avec des moyens jugés insuffisants. L’absence de véhicule de service depuis sa création figure parmi les principales contraintes évoquées.

À cela s’ajoute le manque d’équipements topographiques, pourtant indispensables aux opérations de délimitation, de contrôle et d’aménagement des espaces urbains.

La question des ressources humaines a également été soulevée, avec des agents exerçant leurs fonctions sans cadre juridique suffisamment formalisé. Une situation qui, selon les responsables locaux, fragilise l’efficacité des services sur le terrain.

La gestion du patrimoine foncier public constitue l’un des points sensibles de la rencontre. Dans la seule ville de Biltine, les services recensent 137 réserves administratives, comprenant des espaces déjà affectés, des terrains encore nus, des cimetières ainsi que des parcelles destinées à différents usages publics.

Ces réserves représentent un patrimoine stratégique pour l’État et les collectivités. Leur préservation apparaît donc comme un enjeu majeur dans une ville appelée à poursuivre son développement urbain.

Sur le plan financier, les recettes enregistrées au cours de l’année s’élèvent à 33,8 millions de FCFA, témoignant également de l’importance économique de la gestion foncière.

À Biltine comme dans plusieurs zones de la province, les tensions liées à la terre ne se limitent pas aux centres urbains.

Dans les zones rurales, les différends portent notamment sur les limites administratives, cantonales et agricoles. Des situations conflictuelles sont notamment signalées dans certaines localités du département de Megri.

En ville, les doubles attributions dans d’anciens lotissements et l’occupation irrégulière d’espaces publics alimentent à leur tour les contentieux.

Face à cette réalité, la nécessité d’une administration foncière mieux équipée, mieux structurée et capable d’exercer pleinement ses prérogatives s’impose comme une priorité.

Au terme des échanges, le ministre Mahamat Assileck Halata a affiché une position ferme sur la protection du domaine public. Il a insisté sur le principe selon lequel les biens appartenant à l’État doivent demeurer au service de l’intérêt général.

Un rappel qui traduit la volonté des autorités de renforcer le contrôle des réserves publiques et de lutter contre les pratiques irrégulières dans l’attribution ou l’occupation des terrains.

La rencontre de Biltine aura ainsi permis de mettre en lumière une équation complexe : comment accompagner l’expansion urbaine tout en sécurisant le foncier, en protégeant les réserves publiques et en donnant aux services techniques les moyens d’agir ?

Pour le département de l’Aménagement du Territoire, la réponse passe désormais par une meilleure organisation des services provinciaux, un renforcement des équipements et une gouvernance foncière plus rigoureuse.

MBAÏLEDE Trésor

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