Tchad : le gouvernement autorise de nouveau les cérémonies publiques de remise de diplômes, sous conditions strictes
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Tchad : le gouvernement autorise de nouveau les cérémonies publiques de remise de diplômes, sous conditions strictes

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Sitack Yabatna, a levé, par une circulaire signée le 21 octobre 2026, la suspension des cérémonies de remise de diplômes dans les lieux publics. Cette décision rétablit une possibilité attendue par les établissements d’enseignement supérieur, tout en maintenant un encadrement rigoureux destiné à préserver la sécurité, la discipline et l’image de l’université tchadienne.

Un nouveau souffle pour les cérémonies académiques au Tchad. Après plusieurs mois de restriction, les établissements d’enseignement supérieur publics et privés peuvent à nouveau envisager l’organisation de cérémonies de remise de diplômes dans des espaces publics. La mesure est consacrée par une circulaire du 21 octobre 2026, signée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Sitack Yabatna, qui met fin à la suspension instaurée le 16 décembre 2025.

Cette décision marque une évolution dans la réglementation des célébrations académiques. Elle permet aux universités, grandes écoles et autres institutions d’enseignement supérieur de valoriser leurs diplômés dans un cadre solennel, sans pour autant leur accorder une liberté absolue dans le choix des lieux et des modalités d’organisation.

Dans sa nouvelle directive, le ministère privilégie l’organisation des cérémonies au sein même des établissements concernés. Les campus universitaires demeurent ainsi le cadre de référence pour la remise des parchemins aux lauréats.

Le recours aux lieux publics est toutefois autorisé à titre exceptionnel, notamment lorsque le nombre de diplômés ne permet pas d’accueillir convenablement les participants dans l’enceinte de l’institution.

Cette dérogation est soumise à une procédure préalable. L’établissement demandeur doit adresser au ministre de tutelle une requête motivée justifiant la nécessité de recourir à un espace extérieur. Il lui appartient également de garantir le respect des exigences de sécurité, d’hygiène et d’accessibilité, ainsi que la mise en place d’un dispositif adéquat d’encadrement et de protocole.

À travers ces dispositions, les autorités entendent concilier la valorisation des réussites universitaires avec les impératifs de bonne organisation et de protection des participants.

La levée de la suspension ne signifie pas pour autant la disparition des contrôles administratifs. Pour toute cérémonie organisée dans un lieu public, l’avis préalable du ministre chargé de la Sécurité publique reste impératif, conformément à l’arrêté n°003/PR/PM/MSPI/SG/2025 du 8 janvier 2025, relatif à la réglementation des manifestations à caractère festif et nuptial.

Cette exigence place les organisateurs devant une responsabilité accrue. La préparation d’une cérémonie de remise de diplômes ne saurait se limiter à la réservation d’un espace ou à la mobilisation des invités. Elle suppose également une anticipation des risques, une coordination avec les autorités compétentes et le respect des prescriptions applicables aux rassemblements publics.

Le dispositif vise ainsi à prévenir les incidents susceptibles de compromettre le bon déroulement des festivités et à garantir que ces événements se tiennent dans des conditions compatibles avec les exigences de l’ordre public.

Discipline et image de l’enseignement supérieur en ligne de mire

Au-delà des questions logistiques et sécuritaires, la circulaire insiste sur le comportement des participants. Tout acte susceptible de troubler l’ordre public, de porter atteinte à la décence ou de ternir l’image de l’enseignement supérieur est formellement proscrit.

Les établissements sont appelés à assumer pleinement leur rôle dans la prévention des débordements et le traitement disciplinaire des manquements constatés. La responsabilité institutionnelle est donc directement engagée dans la conduite des cérémonies, depuis leur préparation jusqu’à leur clôture.

Cette orientation rappelle que la remise d’un diplôme constitue un acte académique symbolique, consacrant un parcours de formation et l’acquisition de compétences. Elle ne doit pas se transformer en occasion de désordre ou en manifestation portant atteinte à la dignité des institutions universitaires.

Dans cette perspective, la discipline collective, le respect des règles et la qualité du protocole deviennent des éléments essentiels de la reconnaissance publique du mérite académique.

Le ministère prévient également que toute violation des prescriptions édictées expose les établissements concernés et, le cas échéant, les gestionnaires des lieux d’accueil à des sanctions administratives, conformément aux textes en vigueur.

Cette disposition confère à la circulaire une portée contraignante. Les responsables d’établissements devront donc veiller à la conformité de leurs initiatives avec les exigences fixées par les autorités, sous peine de s’exposer aux mesures prévues par la réglementation.

La nouvelle circulaire abroge par ailleurs toutes les dispositions antérieures contraires et entre en vigueur dès sa signature, le 21 octobre 2026.

Pour le secteur de l’enseignement supérieur tchadien, cette décision ouvre la voie à une reprise encadrée des cérémonies de remise de diplômes dans les lieux publics. Elle offre aux institutions une marge de manœuvre supplémentaire pour célébrer les réussites de leurs étudiants, notamment lorsque les capacités d’accueil internes se révèlent insuffisantes.

Mais l’assouplissement réglementaire s’accompagne d’une exigence claire : la liberté d’organisation doit s’exercer dans le respect des règles de sécurité, de discipline et de responsabilité institutionnelle.

L’enjeu dépasse donc la seule célébration des diplômés. Il s’agit aussi de préserver la crédibilité des institutions académiques et de promouvoir une culture universitaire où l’excellence, le mérite et la responsabilité vont de pair.

La levée de la suspension constitue ainsi une réouverture sous conditions : les cérémonies publiques redeviennent possibles, mais leur organisation demeure subordonnée au respect strict des prescriptions administratives et sécuritaires.

MBAÏLEDE Trésor

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