Alors que des informations alarmantes circulent sur les réseaux sociaux au sujet de l’épidémie de dengue et des décès enregistrés à N’Djamena, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a réuni ce lundi les principaux acteurs du secteur sanitaire, les responsables religieux et la société civile. Objectif : apporter des éclaircissements, rétablir les faits et renforcer la mobilisation collective contre la maladie.
La propagation des informations relatives à la dengue sur les réseaux sociaux suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique. Entre inquiétudes sur la situation sanitaire, témoignages alarmants et amalgames autour des décès enregistrés dans la capitale, le besoin d’informations fiables se fait de plus en plus pressant. Face à ce climat d’inquiétude, le ministère de la Santé publique et de la Prévention entend reprendre la parole et apporter des clarifications.
C’est dans cette dynamique que le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a présidé, ce lundi 2 novembre, une réunion élargie réunissant les responsables des services centraux, les directeurs généraux des centres hospitaliers universitaires, les leaders religieux ainsi que les représentants des organisations de la société civile.
Au cœur des échanges : faire le point sur la situation épidémiologique liée à la dengue, présenter les mesures gouvernementales engagées pour contenir sa propagation et surtout dissiper les incompréhensions alimentées par certaines informations diffusées sur les plateformes numériques.
L’un des points majeurs abordés au cours de cette rencontre concerne les décès signalés dans différents quartiers de N’Djamena. Sur ce sujet particulièrement sensible, le ministre a tenu à apporter une précision importante : tous les décès enregistrés dans la capitale ne sont pas imputables à la dengue.
Une mise au point qui intervient dans un contexte où les informations relayées sur les réseaux sociaux peuvent parfois entretenir la confusion entre les cas confirmés, les suspicions et les décès dont les causes ne sont pas nécessairement liées à cette maladie.
Pour éviter les interprétations hâtives, Dr Abdelmadjid Abderahim a indiqué que les formations sanitaires ont reçu des instructions afin de communiquer les informations relatives aux décès notifiés par leurs services. Une démarche qui vise à renforcer la transparence et à permettre à l’opinion publique de disposer d’éléments plus fiables sur la situation sanitaire.
Au-delà de la question des informations qui circulent, le ministre a également attiré l’attention sur un comportement qui complique la riposte sanitaire : l’automédication.
Selon lui, de nombreuses personnes choisissent de se soigner elles-mêmes sans se rendre dans les structures sanitaires. Une pratique préoccupante qui peut retarder le diagnostic, compromettre une prise en charge appropriée et exposer les malades à des complications graves.
Le responsable du département de la Santé a ainsi insisté sur la nécessité de consulter les professionnels de santé dès l’apparition de problèmes de santé, plutôt que de recourir à des traitements improvisés.
Pour le gouvernement, la lutte contre la dengue ne saurait reposer uniquement sur les structures médicales. Elle nécessite une implication coordonnée de toutes les composantes de la société.
C’est précisément le message défendu par Dr Abdelmadjid Abderahim, qui a mis en avant l’importance de l’approche multisectorielle. Il a appelé les différents acteurs à conjuguer leurs efforts, à harmoniser leurs interventions et à s’inscrire dans une dynamique commune pour freiner la propagation de l’épidémie.
Les organisations de la société civile sont notamment invitées à intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des populations, en mettant l’accent sur les mesures préventives et le recours systématique aux services de santé en cas de besoin.
Les responsables religieux, quant à eux, sont appelés à mettre leur proximité avec les communautés au service de la prévention, en relayant les bonnes pratiques auprès des fidèles et en participant activement aux activités de riposte.
À travers cette rencontre, le ministère entend également rappeler que la lutte contre une épidémie passe autant par les interventions sanitaires que par la qualité de l’information diffusée au public. Dans un environnement numérique où les nouvelles circulent rapidement, la distinction entre information vérifiée, témoignage individuel et rumeur devient un enjeu majeur de santé publique.
Le ministre a félicité les responsables et les différents acteurs pour les initiatives déjà entreprises, tout en les exhortant à maintenir leurs efforts et à appliquer les stratégies arrêtées au cours de la réunion.
Au-delà des déclarations et des mesures annoncées, le défi reste désormais celui de leur mise en œuvre effective sur le terrain. Car face à la dengue, la vigilance individuelle, la responsabilité collective et l’accès à une information fiable constituent des leviers essentiels.
Dans ce contexte de préoccupation sanitaire, un message s’impose : ne pas céder à la panique, éviter l’automédication, vérifier les informations avant de les partager et privilégier les structures sanitaires. La lutte contre la dengue se joue aussi bien dans les centres de santé que dans les quartiers, les lieux de culte et sur les réseaux sociaux.
MBAÏLEDE Trésor



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