Tchad : Face aux crimes et aux intimidations contre les journalistes, l’UJT exige vérité, justice et protection
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Tchad : Face aux crimes et aux intimidations contre les journalistes, l’UJT exige vérité, justice et protection

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée ce 2 novembre 2026, l’Union des journalistes tchadiens (UJT) hausse le ton. Entre assassinats non élucidés, disparitions inquiétantes et intimidations persistantes, l’organisation appelle les autorités à sortir de l’inaction et à garantir la sécurité des professionnels des médias.

La liberté de la presse ne peut se construire sur le silence, encore moins sur l’impunité. Au Tchad, la célébration du 2 novembre prend cette année une résonance particulière, alors que plusieurs affaires impliquant des journalistes restent sans réponses judiciaires satisfaisantes. Dans un communiqué rendu public à cette occasion, l’Union des journalistes tchadiens (UJT) tire la sonnette d’alarme et réclame vérité, justice et protection pour tous ceux qui exercent le métier d’informer.

L’organisation rend hommage aux professionnels des médias tués, disparus ou victimes de violences dans l’exercice de leurs fonctions. Elle exprime également sa solidarité avec leurs familles, dont certaines continuent de vivre dans l’attente de réponses, ainsi qu’avec tous ceux qui poursuivent le combat contre l’impunité.

Au cœur des préoccupations de l’UJT figurent deux dossiers particulièrement douloureux pour la corporation : celui de Narcisse Orédjé, tué en octobre 2022, et celui de Noubadoum Sotinan, porté disparu au Cameroun depuis plus de dix ans. Pour l’organisation, l’absence de réponses sur ces deux affaires constitue une blessure toujours ouverte pour la presse tchadienne. Elle déplore que les familles restent dans l’incertitude et que ces situations contribuent à entretenir un climat d’insécurité au sein de la profession.

Au-delà de ces affaires non élucidées, l’UJT dénonce les intimidations dont serait victime le journaliste Stéphane Ouaye. L’organisation lui apporte son entière solidarité et demande que cessent immédiatement toutes les pressions exercées à son encontre. Elle appelle également les autorités compétentes à prendre les dispositions nécessaires pour garantir sa sécurité.

Pour l’Union, aucune menace ne saurait être tolérée contre un professionnel des médias en raison de son travail. Les intimidations, les violences et les tentatives de musellement constituent autant d’atteintes à la liberté de la presse et au droit des citoyens à une information libre et indépendante.

Face à cette situation, l’UJT entend transformer ses revendications en mesures concrètes. Elle demande notamment aux autorités compétentes d’adopter la proposition de loi qu’elle a déposée sur la protection et la sécurité des journalistes. Un texte présenté comme un instrument essentiel pour renforcer les garanties accordées aux professionnels des médias et leur permettre d’exercer leur métier sans crainte de représailles.

L’organisation réclame également l’ouverture ou la relance d’enquêtes indépendantes, impartiales et rigoureuses afin de faire toute la lumière sur la mort de Narcisse Orédjé et la disparition de Noubadoum Sotinan. Elle insiste sur la nécessité d’informer régulièrement les familles des avancées des procédures judiciaires.

Concernant Stéphane Ouaye, elle exige des mesures de protection appropriées, mais aussi que toute la lumière soit faite sur les intimidations dénoncées afin d’éviter leur répétition.

Enfin, l’UJT plaide pour la mise en place de mécanismes efficaces de prévention, d’alerte et de protection sur l’ensemble du territoire national. L’objectif est de permettre aux journalistes de travailler librement, sans menaces ni pressions, dans un environnement respectueux de leurs droits et de leur sécurité.

À travers cette sortie, l’Union des journalistes tchadiens rappelle une réalité fondamentale : lorsque les crimes commis contre les journalistes restent impunis, c’est toute la société qui en subit les conséquences. L’absence de justice encourage les violences, nourrit l’autocensure et fragilise le droit des citoyens à accéder à une information fiable.

En cette journée internationale du 2 novembre, le message de l’UJT est sans équivoque : rendre hommage aux journalistes victimes ne suffit plus. Il faut des enquêtes, des sanctions lorsque les responsabilités sont établies et des garanties concrètes pour ceux qui continuent d’informer.

Car protéger les journalistes, ce n’est pas seulement défendre une profession. C’est aussi protéger la vérité, la liberté d’expression et le droit du public à être informé.

MBAÏLEDE Trésor

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