Mercredi 18 février, la capitale N’Djamena a été le cadre d’un moment déterminant pour l’avenir du pays : le coup d’envoi officiel d’un projet ambitieux dédié au désengagement, à la dissociation, à la réintégration et à la réconciliation des anciens associés de groupes extrémistes violents.
Un intitulé long, certes, mais révélateur d’un objectif essentiel : contribuer à refermer, un pas après l’autre, les blessures de l’instabilité.
La cérémonie, pensée dans la sobriété mais lourde de sens, était présidée par Abdoulaye Mbodou Mbami, ministre de la Fonction publique et du Dialogue social, qui dirige également la Commission nationale de pilotage du programme DDRR.
À ses côtés, deux voix majeures du système onusien :
— Francois Batalingaya, Coordonnateur résident de United Nations Chad ;
— Sylvia Ekra, Directrice régionale de IOM – UN Migration pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Leur présence conjointe illustre une conviction partagée : la paix ne se décrète pas, elle se construit ensemble les communautés, les institutions et les partenaires internationaux.
Autour d’eux, diplomates, autorités administratives et coutumières, ainsi que leaders communautaires ont répondu présents. Tous réunis pour acter les premières pierres d’une coordination qui se veut inclusive, pragmatique et résolument tournée vers les solutions.
Ce projet se présente comme une plateforme d’actions convergentes destinée à accompagner les anciens associés de groupes extrémistes dans un retour sécurisé, digne et durable au sein de leurs communautés.
Un défi sensible, dans un contexte où chaque mécanisme de réintégration peut influencer l’équilibre social.
Longtemps éprouvée, la Province du Lac occupe une place centrale dans cette initiative.
L’objectif : renforcer la paix, la cohésion sociale et prévenir la reprise des violences, en donnant aux acteurs locaux les outils nécessaires pour retisser la confiance et reconstruire les liens rompus par des années de tensions.
Ce lancement dépasse le simple protocole. Il incarne une orientation politique claire :
le Tchad fait le choix du dialogue plutôt que de l’exclusion, de la reconstruction plutôt que de la rupture.
Dans un contexte mondial où la radicalisation se nourrit des fractures sociales, ce projet vise justement à les combler.
Alors, ce 18 février pourrait-il devenir l’un de ces jours discrets qui marquent le début d’un changement profond ?
Pour beaucoup, l’espoir est permis. Pour les communautés du Lac, il est déjà en marche.
La Rédaction
