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Accès à l’eau potable au Tchad : le ministère contre-attaque face aux polémiques en ligne

Au moment où les réseaux sociaux tchadiens s’enflamment autour de la question de l’accès à l’eau potable et de l’assainissement, le ministère de l’Eau et de l’Énergie est sorti de son silence pour tenter de couper court aux spéculations. Lors d’un point de presse exceptionnel tenu ce samedi, le secrétaire général du département, Nour Saleh Haggar, a livré une série de précisions destinées à rétablir ce qu’il qualifie de « vérité des chiffres ».

D’entrée de jeu, le responsable a rappelé que le taux national d’accès à l’eau potable s’élève actuellement à 63,5 %, tandis que celui de l’assainissement de base ne dépasse pas 23 %. Des données issues du Centre de documentation et d’information géographique (CDIG) Centre de documentation et d’information géographique (CDIG), établies en 2023 mais promises à une mise à jour imminente. « Les investissements réalisés ces dernières années devraient se traduire par une amélioration notable », a-t-il assuré, appelant à la prudence face aux chiffres approximatifs circulant en ligne.

Si les données sont consolidées et validées au niveau national, elles révèlent cependant de fortes disparités territoriales. Certaines provinces continuent de faire face à d’importantes contraintes hydrogéologiques, d’autres souffrent d’un retard d’investissement qui freine l’extension des services essentiels. Résultat : un accès inégal, parfois très éloigné des moyennes nationales.

En retraçant l’évolution du secteur, le ministère insiste sur la progression enregistrée depuis le début des années 2000. Le pays est passé de 21 % d’accès à l’eau potable en 2000 à 53 % en 2015, pour atteindre aujourd’hui plus de 63 %. Sur la même période, l’assainissement a progressé de 3 % à 23 %, une hausse jugée significative même si les autorités reconnaissent qu’elle reste insuffisante au regard des besoins.

Pour Nour Saleh Haggar, ces résultats sont la conséquence directe « d’investissements constants, notamment dans la construction et la réhabilitation d’infrastructures hydrauliques ». Il souligne toutefois les défis persistants : maintenance fragile, couverture encore limitée et difficultés chroniques en zones rurales, où les populations demeurent les plus exposées au manque de services de base.

Le ministère a également profité de ce point de presse pour clarifier une nuance souvent ignorée dans le débat public. Le taux d’accès correspond à l’utilisation effective des services d’eau potable par la population, tandis que le taux de couverture renvoie à la présence d’infrastructures sans garantir leur fonctionnalité. Une distinction cruciale pour comprendre la réalité du secteur et évaluer correctement les performances du pays.

En conclusion, les autorités affichent une détermination intacte : celle d’atteindre l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2030. Un horizon ambitieux, mais que le ministère estime réalisable à condition d’un engagement collectif, d’une interprétation responsable des données et d’un débat public exempt de polémiques infondées.

« Le droit à l’eau ne doit pas être instrumentalisé », a martelé Nour Saleh Haggar. « Les défis sont réels, les progrès aussi. À nous de poursuivre ce qui a été commencé pour que chaque Tchadien ait accès à une eau saine. »

La Rédaction

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