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Afrique du Sud : arrestation de Kemi Seba, figure du panafricanisme visé par une extradition vers le Bénin

L’influenceur et militant panafricaniste Kemi Seba a été interpellé en Afrique du Sud, où les autorités ont confirmé l’ouverture d’une procédure d’extradition à destination du Bénin. Il est recherché par la justice béninoise dans le cadre de plusieurs accusations liées à des atteintes présumées à la sûreté de l’État.

Selon la police sud-africaine, l’interpellation a eu lieu lundi dans un centre commercial de Pretoria. Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, se trouvait en compagnie de son fils et d’un intermédiaire soupçonné d’avoir facilité un passage de frontière illégal vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Les enquêteurs évoquent une transaction d’environ 250 000 rands (près de 13 000 euros) pour l’organisation du trajet.

Les autorités affirment que le groupe comptait poursuivre ensuite son itinéraire vers l’Europe. Les deux hommes sont actuellement en détention provisoire et doivent comparaître le 20 avril dans le cadre de la procédure d’extradition.

Au Bénin, Kemi Seba fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il est notamment accusé d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion », après avoir publiquement soutenu la tentative de coup d’État avortée de décembre dernier contre le président Patrice Talon. Les autorités béninoises l’accusent d’avoir salué l’opération comme un « jour de libération ».

Figure influente et controversée du panafricanisme, fondateur de l’ONG Urgences panafricanistes, Kemi Seba s’est construit une large audience en ligne, estimée à plus de 1,5 million d’abonnés. Ses prises de position, souvent virulentes contre la France et certains régimes africains alliés de Paris, ont contribué à sa notoriété mais aussi à de multiples controverses.

Déchu de sa nationalité française en 2024, il a également été cité dans diverses enquêtes internationales, notamment en France, concernant de supposés liens avec le groupe paramilitaire russe Wagner, des accusations qu’il rejette.

Cette arrestation intervient dans un contexte politique tendu au Bénin, quelques jours seulement après l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, marquée par la large victoire du candidat du pouvoir, Romuald Wadagni.

La Rédaction

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