Le Palais de la Démocratie de Gassi a accueilli, ce lundi, une séance plénière présidée par le Président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport de la commission spéciale chargée de la révision du Règlement intérieur de l’institution.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en conformité du texte avec la Constitution révisée du 29 décembre 2023, promulguée le 8 octobre 2025, à la suite de son adoption en Congrès le 3 octobre. L’objectif, selon la commission, est d’harmoniser certaines dispositions devenues obsolètes et d’améliorer la cohérence ainsi que l’efficacité du fonctionnement parlementaire.
Cependant, la présentation du rapport a donné lieu à de vifs échanges entre les députés. Plusieurs élus ont profité des débats pour formuler des revendications relatives à leurs conditions de travail et d’avantages liés à la fonction. Parmi les propositions évoquées figurent :
- La mise à disposition d’un chauffeur,
- L’attribution d’un véhicule de service de type 4×4,
- Le recrutement d’un assistant parlementaire,
- L’affectation d’un agent de sécurité personnel,
- Une couverture sanitaire complète,
- Ainsi que l’octroi d’un passeport diplomatique au conjoint du député, lorsqu’il ou elle n’exerce pas de mandat parlementaire.
Ces suggestions, perçues par certains comme des revendications légitimes visant à rehausser le prestige de la fonction parlementaire, ont néanmoins suscité des réserves dans une partie de l’assemblée. D’autres élus estiment que ces propositions risquent de dévier l’esprit de la réforme, laquelle doit, selon eux, avant tout renforcer l’efficacité institutionnelle plutôt que de favoriser des intérêts individuels.
Face à ces divergences, le Président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, a tenu à rappeler à l’ordre ses collègues parlementaires. Il a appelé les députés à « faire preuve de retenue et de sens de responsabilité », soulignant que « l’intérêt de la République doit primer sur les intérêts personnels ».
Le Président de l’Assemblée a, par ailleurs, assuré que les préoccupations exprimées seront examinées avec attention, tout en réaffirmant la volonté de son bureau d’inscrire cette révision dans une logique de modernisation et de transparence du travail parlementaire.
Avec cette révision, l’Assemblée nationale entend adapter son fonctionnement aux nouvelles exigences constitutionnelles et renforcer le rôle du député dans le processus démocratique. La réforme marque ainsi une étape importante dans la consolidation institutionnelle du Tchad post-réforme constitutionnelle.
La Rédaction



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