Après plusieurs épisodes de violences liés à un différend foncier ayant coûté la vie à plus de 23 personnes, l’heure est désormais à l’apaisement dans le département du Batha Est. À Oum-Hadjer, les deux communautés protagonistes ont choisi de rompre avec la spirale de la confrontation en signant, dimanche 30 août 2026, un accord de réconciliation destiné à restaurer durablement la paix.
La cérémonie a revêtu une forte dimension symbolique. Devant les différentes composantes impliquées dans le processus, les chefs traditionnels des deux communautés ont prêté serment sur le Saint Coran. Un engagement solennel par lequel ils promettent de s’opposer à toute tentative de raviver les tensions et de préserver la coexistence entre les populations concernées.
Mais au-delà du geste symbolique, l’accord entend apporter des réponses concrètes aux causes du conflit. La délimitation des territoires entre les sept villages concernés figure parmi les principales mesures retenues. L’objectif est de clarifier les limites foncières et de réduire les risques de nouvelles contestations susceptibles de dégénérer.
Le règlement prévoit également le versement du prix du sang (diya) aux familles des victimes. Cette disposition vise à reconnaître les pertes humaines enregistrées au cours des affrontements et à contribuer au processus de réparation et de réconciliation entre les communautés.
L’accord repose enfin sur un engagement réciproque : respect des personnes et des biens, renoncement aux représailles et recherche privilégiée du dialogue en cas de différend. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de mettre fin aux hostilités, mais de poser les bases d’une relation nouvelle entre des communautés appelées à continuer de vivre côte à côte.
Dans une région où les conflits liés à l’accès à la terre peuvent rapidement prendre une dimension communautaire, la portée de cette entente dépasse ainsi le seul cadre des villages concernés. Elle constitue un signal en faveur du règlement négocié des différends et rappelle le rôle que peuvent jouer les autorités traditionnelles dans la prévention des violences.
La signature de l’accord ouvre toutefois une nouvelle étape : celle de sa mise en œuvre effective. La délimitation des espaces, le respect des engagements et l’indemnisation des familles endeuillées seront déterminants pour transformer cette réconciliation solennelle en paix durable.
À Oum-Hadjer, après des vies perdues et des communautés meurtries, le pari est désormais celui de la coexistence. Le serment prêté sur le Saint Coran marque une volonté de ne plus laisser le conflit foncier devenir un nouveau foyer de violence.
MBAÏLEDE Trésor
