Face à l’aggravation des menaces qui pèsent sur les écosystèmes, le Tchad porte un message clair sur la scène internationale : la préservation de la biodiversité doit désormais se traduire par des actions tangibles, des financements accessibles et des résultats durables pour les populations.
Représentant le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a réaffirmé à Erevan l’engagement du Tchad en faveur de la conservation de la biodiversité et de la réhabilitation des écosystèmes. Une position qui place la protection du patrimoine naturel au cœur des priorités nationales et des enjeux de développement.
Au-delà de la dimension environnementale, le ministre a mis en évidence les conséquences multidimensionnelles de l’érosion de la biodiversité. L’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, la santé publique et la résilience économique dépendent étroitement de la préservation des ressources naturelles. Pour le Tchad, la dégradation des écosystèmes constitue ainsi un risque majeur pour la stabilité sociale et la prospérité des communautés.
Dans cette perspective, N’Djaména défend une approche intégrée qui associe restauration des terres, gestion durable des ressources et amélioration des conditions de vie. La conservation ne saurait être dissociée des impératifs de développement, notamment dans les zones fragilisées par les pressions environnementales et les vulnérabilités socioéconomiques.
Cette vision revêt une importance particulière dans le bassin du lac Tchad, où les défis écologiques se conjuguent aux enjeux de sécurité et de cohésion régionale. La gestion responsable des ressources naturelles apparaît dès lors comme un levier de prévention des tensions, de consolidation de la paix et de renforcement de la coopération entre les communautés.
Le Tchad insiste également sur la nécessité d’une solidarité internationale plus équitable. Pour transformer les ambitions environnementales en réalisations concrètes, les pays en développement doivent pouvoir bénéficier de mécanismes financiers prévisibles, accessibles et adaptés à leurs capacités.
L’implication effective des populations locales constitue un autre impératif. Selon cette orientation, les communautés doivent participer aux décisions relatives à la conservation et bénéficier directement des retombées des initiatives engagées sur leurs territoires.
Pour le Tchad, la Déclaration d’Erevan ne doit pas rester une succession de promesses diplomatiques. Elle est appelée à devenir un véritable cadre d’action, capable de rapprocher les engagements internationaux des besoins exprimés sur le terrain.
Le pays appelle ainsi à une COP17 axée sur la mise en œuvre des engagements, la mobilisation des ressources, le renforcement des capacités nationales et l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques. L’objectif est de faire de la protection du vivant une responsabilité partagée, soutenue par des moyens à la hauteur des ambitions affichées.
À travers cette démarche, le Tchad défend une conviction fondamentale : la préservation de la nature, la consolidation de la paix et la prospérité des populations sont indissociables. En réaffirmant son engagement pour une biodiversité protégée, restaurée et exploitée de manière durable, le pays entend contribuer à bâtir un modèle de développement plus résilient, équitable et respectueux des équilibres écologiques.
À Erevan, le message tchadien est sans équivoque : protéger la biodiversité, c’est investir dans la paix, la sécurité et l’avenir des générations futures.
MBAÏLEDE Trésor
