Les sodas et l’alcool deviennent de plus en plus accessibles, et les conséquences sur la santé publique sont inquiétantes. Obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, accidents et violences : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. Dans deux rapports publiés mardi 13 janvier, l’agence onusienne pointe du doigt des taxes insuffisantes qui laissent ces produits nocifs à bas prix, tandis que les systèmes de santé supportent les coûts des maladies et traumatismes évitables.
« Les taxes sanitaires comptent parmi les outils les plus puissants pour prévenir les maladies », rappelle Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Selon l’agence, les gouvernements ne récupèrent qu’une fraction des milliards de dollars générés par le marché mondial des boissons sucrées et alcoolisées, laissant les bénéfices privatisés et les coûts supportés par la société.
Dans la plupart des pays, la fiscalité reste faible : la médiane mondiale des droits d’accise sur la bière est de 14 %, de 22,5 % pour les spiritueux, et seulement 2 % pour les sodas courants. De nombreux produits sucrés échappent aux taxes, et l’alcool, malgré son lien avec la violence et les blessures, est souvent plus abordable qu’il y a quelques années.
Face à cette situation, l’OMS lance l’initiative « 3 d’ici 35 », visant à augmenter, d’ici 2035, les prix réels du tabac, de l’alcool et des boissons sucrées. Objectif : freiner la consommation de produits nocifs et dégager des ressources pour financer les soins de santé essentiels, tout en répondant à une demande publique largement favorable à une fiscalité renforcée.
La Rédaction
