Le gouvernement burkinabè a officiellement annoncé, par voie de communiqué, la fin des activités du projet Target Malaria sur l’ensemble du territoire national. La décision est intervenue à travers deux arrêtés successifs.
Le communiqué précise que, depuis le 18 août 2025, les enceintes de confinement abritant des moustiques génétiquement modifiés ont été mises sous scellés. L’ensemble des échantillons conservés seront détruits conformément à un protocole strict, validé par les autorités scientifiques et sanitaires compétentes.
Cette décision marque la fin d’un programme de recherche qui avait suscité, depuis plusieurs années, débats et controverses au Burkina Faso et au-delà.
Le projet Target Malaria, financé en grande partie par des fondations et institutions internationales, avait pour objectif de développer des techniques de lutte innovantes contre le paludisme, maladie endémique qui reste l’une des principales causes de mortalité dans le pays. L’approche reposait notamment sur l’introduction de moustiques mâles génétiquement modifiés, stériles ou biaisés, afin de réduire progressivement la population de moustiques vecteurs de la maladie.
En 2019, une première libération de moustiques mâles génétiquement modifiés mais dépourvus d’« impulsion génétique » avait été effectuée dans le village de Souroukoudingan, dans la province du Houet. Selon le communiqué, ces insectes ont depuis été pris en charge et neutralisés par les services techniques spécialisés.
Si le projet avait suscité l’espoir d’une avancée majeure dans la lutte contre le paludisme, il a également généré des inquiétudes. Plusieurs organisations de la société civile et associations environnementales avaient exprimé leurs réserves face aux risques potentiels pour la biodiversité, la santé publique et l’équilibre écologique.
Certains habitants des zones concernées avaient aussi manifesté leur méfiance, évoquant un manque d’information et de concertation dans la conduite des expérimentations.
En mettant fin à Target Malaria, le gouvernement burkinabè affirme vouloir privilégier des approches de recherche et de lutte contre le paludisme jugées plus consensuelles et sécurisées. Cette décision pourrait également avoir des répercussions internationales, dans la mesure où le Burkina Faso faisait figure de pays pilote pour ce type d’expérimentations en Afrique.
La fin du projet relance ainsi le débat sur les choix technologiques et scientifiques dans la lutte contre les maladies endémiques, et pose la question de l’équilibre entre innovation, souveraineté et sécurité sanitaire.
La Rédaction