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Burkina Faso : Le retour d’Alino Faso, entre douleur populaire et exigence de vérité

Ce lundi 18 août 2025, la dépouille d’Alain Christophe Traoré, connu sous le pseudonyme d’Alino Faso, a été rapatriée d’Abidjan vers Ouagadougou, suivant trois semaines de tensions diplomatiques entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Le gouvernement burkinabè, par communiqué du 16 août, avait annoncé que le corps serait accueilli le 18 août à 14h25 à l’aéroport international de Ouagadougou. Conformément à cet engagement, le cercueil est arrivé peu avant 14h à bord d’un appareil militaire burkinabè, avant d’être acheminé vers la morgue de Bogodogo.

Une délégation gouvernementale, incluant les ministres des Affaires étrangères, de la Communication, de la Sécurité et de l’Administration territoriale, le président du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, ainsi que des artistes et influenceurs, étaient présents pour réceptionner la dépouille.

Une foule nombreuse, majoritairement vêtue de blanc en signe de pureté et de justice, était réunie devant la gendarmerie jouxtant l’aéroport. Beaucoup, profondément émus, tentaient de contenir leur douleur, tandis que d’autres fondaient en larmes.

Les personnes présentes ont salué Alino Faso comme un homme « dont les actes de générosité sont connus et reconnus » et ont exigé que la justice soit rendue, dénonçant une mort jugée suspecte.

Son décès, survenu le 24 juillet 2025, dans une cellule de l’École de gendarmerie d’Abidjan, avait été qualifié de suicide par pendaison par les autorités ivoiriennes. Le procureur d’Abidjan a insisté sur les conditions apparemment privilégiées dont bénéficiait le détenu, niant tout mauvais traitement.

À l’inverse, le gouvernement burkinabè a catégoriquement rejeté cette version, dénonçant un « assassinat crapuleux » et exigeant une enquête approfondie.

L’annonce officielle du décès date du 27 juillet, soit trois jours après le drame, tandis que le gouvernement burkinabè, dès le 28 juillet, avait exprimé son indignation et demandé le rapatriement immédiat du corps.

Le rapatriement intervient après plusieurs semaines de bras de fer diplomatique, marquées notamment par la convocation de la chargée d’affaires ivoirienne à Ouagadougou le 28 juillet, et des manifestations de rue devant l’ambassade de Côte d’Ivoire.

Les autorités burkinabè insistent sur la suite judiciaire, promettant que cette affaire « ne restera pas impunie » et appelant la population à davantage de mobilisation pour la manifestation de la vérité.

Le retour de la dépouille d’Alino Faso à Ouagadougou, trois semaines après sa mort controversée, marque une étape symbolique lourde, mêlant deuil national et quête de vérité. D’un côté, les funérailles dignes et l’émotion populaire ; de l’autre, une impérieuse demande de justice, dans un climat diplomatique tendu.

LA REDACTION

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