Dans une sortie médiatique ferme et sans détour, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a rejeté ce 9 avril avec vigueur les accusations de corruption formulées par les autorités sénégalaises à la suite de la polémique née de la finale de la CAN 2025.
Depuis Salé, près de Rabat, le dirigeant sud-africain a tenu à fermer la porte à toute insinuation de malversations au sein de l’institution continentale :
« Si quelqu’un veut engager une action en justice en alléguant qu’il y a de la corruption à la CAF, non seulement je l’accueille favorablement, mais je l’encourage. Il n’y a rien à cacher », a-t-il martelé devant la presse, qualifiant les accusations de « fausses et sans fondement ».
Le conflit remonte à une finale de CAN 2025 déjà entrée dans la zone rouge de la controverse. Au lendemain de la décision du jury d’appel de la CAF ayant déclaré le Sénégal forfait et attribué la victoire sur tapis vert au Maroc, Dakar a immédiatement dénoncé une décision qu’il juge incompréhensible et suspecte.
Le gouvernement sénégalais a même réclamé l’ouverture d’une enquête internationale pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF. Dans la foulée, il a saisi le Tribunal arbitral du sport, qui devra trancher un dossier désormais explosif sur les plans sportif, politique et diplomatique.
Face à la tempête, Patrice Motsepe appelle au calme et à la procédure :
« Ces problèmes liés à la finale sont derrière nous, car le jugement est en cours. Quelle que soit la décision du TAS, nous la respecterons et nous l’appliquerons. »
Une posture qui se veut institutionnelle, mais qui peine à calmer les tensions entre Dakar et l’instance dirigeante du football africain.
Dans le même dossier, le président de la CAF a également évoqué la situation sensible de 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc pour des faits d’hooliganisme lors de la finale. Les peines prononcées en première instance varient de trois mois à un an de prison.
Patrice Motsepe a insisté sur le respect de la souveraineté judiciaire du Maroc, rappelant que la justice locale suit son cours, avec une nouvelle audience prévue en appel.
Au-delà des instances, c’est surtout le scénario du match qui continue d’alimenter la controverse. Le 18 janvier à Rabat, la finale a basculé dans le chaos : intervention de la VAR, penalty accordé au Maroc dans les derniers instants, but refusé au Sénégal, puis tensions sur la pelouse.
Dans la confusion, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté le terrain, tandis que des supporters tentaient d’envahir la pelouse et lançaient des projectiles. Après un retour au jeu sous haute tension, le penalty marocain a été manqué par Brahim Diaz, avant que le Sénégal ne prenne finalement l’avantage par Pape Gueye.
Le match, déjà électrique, s’est transformé en symbole d’une CAN 2025 marquée par les polémiques, les contestations et désormais une bataille juridique internationale.
Au-delà du score et des décisions arbitrales, cette affaire révèle une fracture plus profonde : celle de la confiance entre fédérations, institutions et supporters.
Alors que le Sénégal maintient ses accusations et poursuit la voie judiciaire, la CAF, elle, tente de défendre son intégrité et de préserver la crédibilité d’un tournoi phare du football africain.
La Rédaction
Une chose est certaine : le verdict du TAS pourrait bien ne pas clore l’affaire, mais ouvrir un nouveau chapitre d’une crise qui dépasse désormais largement les limites du terrain.



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