La tension est montée d’un cran dans les coulisses du football africain. Le 15 janvier 2026, la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé la suspension de Samuel Eto’o pour quatre matchs officiels, assortie d’une amende de 20 000 dollars. Une décision lourde visant le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) après un incident survenu lors du quart de finale Maroc–Cameroun, le 9 janvier à Rabat.
Battus 2-0 par le pays hôte, les Lions Indomptables ont quitté la compétition dans la frustration. En tribunes, l’ambiance s’est tendue lorsque Samuel Eto’o, furieux, a contesté plusieurs décisions arbitrales jugées litigieuses. Selon plusieurs témoins, l’ancien buteur du Barça aurait interpellé vivement Patrice Motsepe, président de la CAF, ainsi que Fouzi Lekjaa, patron du football marocain. Il aurait fallu l’intervention de spectateurs pour calmer le dirigeant camerounais.
Le Jury disciplinaire de la CAF a réagi rapidement, estimant que le comportement d’Eto’o « portait atteinte à l’image de l’institution et au bon déroulement des compétitions ».
À Yaoundé, la contre-attaque n’a pas tardé. Dans un communiqué, la FECAFOOT a dénoncé une procédure « expéditive » et une décision « dénuée de toute motivation explicite », qu’elle juge contraire aux principes d’une justice disciplinaire équitable. La fédération a confirmé qu’elle saisirait les instances juridiques compétentes et réitéré son soutien « total » à son président.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu. Depuis des mois, arbitrage, gestion des compétitions et enjeux politiques ravivent les frictions entre fédérations africaines et la CAF. La sanction visant Eto’o, figure majeure du football continental alimente le débat sur la transparence et la gouvernance au sein de l’instance.
Si elle est maintenue, la suspension privera Samuel Eto’o de représentation officielle lors des quatre prochains matchs relevant de la CAF, un handicap symbolique en pleine CAN pour la fédération camerounaise. Le recours annoncé laisse présager un affrontement juridique à suivre de près, alors que le football africain reste scruté pour ses décisions internes souvent contestées.
Un dossier sensible qui reflète les mutations et les turbulences d’un football africain en quête de stabilité et de crédibilité.
MBAÏLEDE Trésor
