CAN 2026 : le verdict contre 18 supporters sénégalais rallume les braises de la finale
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CAN 2026 : le verdict contre 18 supporters sénégalais rallume les braises de la finale

Plus d’un mois après l’épilogue brûlant de la Coupe d’Afrique des nations, l’écho judiciaire des heurts survenus lors du match ayant opposé le Sénégal au Maroc résonne de nouveau des deux côtés du continent. Ce jeudi 19 février, le tribunal de Rabat a rendu un verdict sévère à l’encontre de 18 supporters sénégalais, détenus depuis les affrontements survenus le 18 janvier 2026. Un jugement dont la portée dépasse largement les murs de la salle d’audience, tant il ravive un climat de crispation resté latent depuis la finale.

Ce dossier, qui s’inscrit dans le prolongement d’une rencontre sportive déjà sous haute tension et remportée de justesse par le Sénégal, continue de projeter l’ombre d’une soirée électrique. Les images de supporters pris dans une confrontation brutale avec les forces de sécurité marocaines avaient alors circulé en boucle sur les médias internationaux, attisant polémiques et interprétations. Entre accusations de violence et débats sur les dispositifs de sécurité, l’affaire s’était imposée comme l’un des épisodes les plus controversés du tournoi.

Face à la justice, les prévenus ont dû répondre d’une série de griefs regroupés sous la bannière du « hooliganisme », un terme lourd qui rassemble des faits allant des violences physiques contre les forces de l’ordre aux dégradations d’équipements sportifs, en passant par l’intrusion sur la pelouse et les jets d’objets en direction du terrain. Le parquet, convaincu de la volonté de perturber le déroulement du match et de l’instauration d’un climat chaotique, avait réclamé des peines allant jusqu’à deux ans de prison ferme.

Le tribunal a finalement opté pour une graduation des sanctions, dessinant une cartographie pénale qui distingue trois niveaux de culpabilité : neuf supporters sont condamnés à un an d’emprisonnement ferme et à 5 000 dirhams d’amende, six autres à six mois assortis de 2 000 dirhams, tandis que les trois derniers écopent de trois mois et d’une amende de 1 000 dirhams.

Du côté de la défense, le choc est palpable. Me Patrick Kabou, avocat sénégalais représentant les condamnés, déplore un verdict qu’il perçoit comme un geste politique davantage que judiciaire. Il accuse la décision de faire de ses clients des « boucs émissaires » destinés à apaiser l’opinion publique après les débordements qui ont éclaté dans l’euphorie ou la déception de la finale.

Loin d’apporter une conclusion définitive à cette affaire, le jugement semble plutôt ouvrir un nouveau chapitre. Au Sénégal comme au Maroc, les réactions se multiplient, oscillant entre appels au calme et indignation face à ce qui est perçu, par certains, comme une sévérité disproportionnée. La possibilité d’un appel est désormais sur la table, laissant planer l’incertitude sur l’évolution d’un dossier qui continue de questionner la gestion des foules, la responsabilité des supporters et les limites de la justice dans l’effervescence des grandes compétitions africaines.

La Rédaction

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