Un séisme a secoué le football africain féminin dimanche soir. À seulement 60 jours du début de la CAN féminine 2026, le Maroc, pays hôte désigné s’est retiré, plongeant la CAF dans un chaos organisationnel inédit.
L’annonce a d’abord émergé de façon inattendue à Johannesburg : lors des Super League Awards, la vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, s’est félicitée publiquement que l’Afrique du Sud devienne le nouveau pays organisateur. En quelques minutes, l’information embrasait réseaux sociaux, médias et coulisses du football continental.
Mais le soufflé est vite retombé. Quelques heures plus tard, son ministre publiait un communiqué plus prudent : rien n’est “officiellement acté” et la CAF n’a encore validé aucune décision. Un rétropédalage qui n’a pas suffi à effacer l’essentiel : le Maroc a bel et bien renoncé à accueillir une compétition qu’il préparait pourtant depuis des mois, du 15 mars au 3 avril.
À Rabat comme au siège de la CAF, c’est l’omerta.
Pourtant, le 15 janvier dernier, les deux parties présentaient ensemble un tirage au sort réglé au millimètre. Comment expliquer un revirement aussi soudain ?
Selon plusieurs sources proches du dossier, le Maroc se serait retiré unilatéralement, laissant la CAF gérer une crise logistique sans précédent, à moins de deux mois de l’échéance.
En coulisses, un autre scénario se dessine : celui d’une relation qui se fissure entre Fouzi Lekjaa et Patrice Motsepe. Longtemps alliés, les deux hommes auraient vu leurs rapports se tendre depuis la finale houleuse de la CAN 2025, et les sanctions imposées au Maroc.
Personne ne confirme officiellement le lien entre ces tensions et le retrait, mais le timing, lui, parle.
Ce désistement n’est pas sans rappeler 2015, lorsque le Maroc avait renoncé à organiser la CAN masculine, invoquant Ebola. La Guinée équatoriale avait alors été appelée en urgence.
Un précédent qui pourrait aujourd’hui jouer contre Rabat : la CAF pourrait envisager des sanctions pour ce nouveau retrait tardif.
Même si l’officialisation se fait attendre, l’Afrique du Sud apparaît comme l’option la plus crédible. Habitué aux grands événements, le pays doit toutefois relever un défi titanesque : organiser une CAN en moins de 60 jours.
Entre désistement spectaculaire, rivalités politiques et urgence absolue, la CAN féminine 2026 s’annonce comme l’une des éditions les plus incertaines de l’histoire.
En attendant, le vrai match se joue en coulisses : qui prendra la parole, et quand ?
Un continent entier retient son souffle, la CAF doit désormais s’expliquer et vite.
MBAÏLEDE Trésor
