La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé, ce mercredi 28 janvier 2026, la levée totale des sanctions qui pesaient encore sur la Guinée, mettant officiellement fin à plus de quatre années de mesures restrictives imposées à la suite du coup d’État du 5 septembre 2021. La décision a été prise à l’issue d’une réunion extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, convoquée pour réévaluer la situation politico-institutionnelle du pays.
Cette mesure marque un tournant majeur dans les relations entre Conakry et l’organisation sous-régionale, après une période marquée par des suspensions diplomatiques, des sanctions individuelles, des restrictions économiques et un gel partiel des transactions financières. La CEDEAO estime désormais que « les progrès enregistrés dans la transition politique guinéenne justifient la normalisation complète des relations », selon un diplomate ayant pris part aux travaux.
Si aucune déclaration détaillée n’a encore été publiée, plusieurs sources indiquent que la décision de la CEDEAO intervient après des engagements réaffirmés par les autorités guinéennes concernant le respect du calendrier de transition et la poursuite des réformes institutionnelles. La levée des sanctions devrait faciliter la reprise de la coopération économique, sécuritaire et financière entre la Guinée et ses partenaires régionaux.
Pour de nombreux observateurs, ce geste témoigne également d’une stratégie plus pragmatique de la CEDEAO, soucieuse de réaffirmer son rôle de médiateur tout en évitant l’isolement durable de ses États membres en transition.
À Conakry, l’annonce a été accueillie avec prudence mais satisfaction. Des acteurs politiques et des organisations de la société civile y voient une opportunité de relancer le dialogue national et de décrisper la scène politique. Les opérateurs économiques, fortement touchés par les restrictions régionales, espèrent une reprise rapide des échanges et des investissements.
Cette décision intervient alors que la CEDEAO fait face à de multiples défis, notamment les transitions au Mali, au Burkina Faso et au Niger. La levée des sanctions contre la Guinée pourrait, selon certains analystes, servir de modèle ou de précédent pour de futures négociations avec ces autres pays en rupture avec l’ordre constitutionnel.
La Rédaction
