Centrafrique : Anicet-Georges Dologuélé saisit l’ONU après la perte de sa nationalité
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Centrafrique : Anicet-Georges Dologuélé saisit l’ONU après la perte de sa nationalité

L’ancien Premier ministre et candidat déclaré à l’élection présidentielle centrafricaine, Anicet-Georges Dologuélé, a déposé une plainte auprès du Comité des droits de l’Homme des Nations unies, dénonçant une violation de ses droits civiques fondamentaux après la décision de la justice centrafricaine de le priver de sa nationalité.

Le tribunal de grande instance de Bangui a estimé que M. Dologuélé, ayant acquis la nationalité française en 1994, avait de fait perdu sa citoyenneté centrafricaine, conformément au code de la nationalité. Cette décision entraîne de lourdes conséquences politiques pour le leader de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), qui se voit ainsi écarté de la présidentielle prévue le 28 décembre prochain.

Dans sa défense, Anicet-Georges Dologuélé affirme avoir renoncé à la nationalité française en août 2025, une démarche censée lever tout obstacle à sa candidature. Cependant, la justice centrafricaine a jugé cette renonciation « sans effet rétroactif », considérant qu’il n’était plus Centrafricain au moment du dépôt de son dossier électoral.

« Cette décision est politiquement motivée et viole mes droits fondamentaux en tant que citoyen centrafricain », a déclaré M. Dologuélé dans un communiqué transmis à la presse. L’ancien Premier ministre estime que son exclusion du scrutin traduit une instrumentalisation de la justice à des fins électorales.

Face à ce qu’il considère comme une injustice, Dologuélé a décidé de porter l’affaire devant le Comité des droits de l’Homme de l’ONU, invoquant la violation de son droit à participer à la vie politique de son pays garanti par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Des proches de l’opposant affirment que la démarche vise à faire pression sur les autorités centrafricaines et à obtenir la réintégration rapide de sa nationalité, condition indispensable pour figurer sur la liste officielle des candidats.

Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu à l’approche de l’élection présidentielle. Plusieurs observateurs y voient une manœuvre destinée à affaiblir l’opposition, Dologuélé étant considéré comme l’un des principaux challengers du président sortant Faustin-Archange Touadéra.

Pour l’heure, la Cour constitutionnelle n’a pas encore statué sur l’éligibilité finale des candidats, mais la décision du tribunal pourrait modifier l’équilibre du scrutin et relancer le débat sur la double nationalité en Centrafrique, un sujet sensible et récurrent dans la vie politique du pays.

La Rédaction

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