Pour la 30ᵉ Conférence des ambassadrices et ambassadeurs de France, Emmanuel Macron a livré un diagnostic sévère de l’état du monde et présenté les priorités diplomatiques françaises pour 2026. Un discours offensif, marqué par une critique inhabituelle de la politique étrangère américaine et par l’annonce d’une refondation profonde du partenariat avec l’Afrique.
Le président a dénoncé un « monde qui se dérègle », dominé selon lui par des puissances prêtes à « se partager le monde ». Il a ciblé les États-Unis, accusés de « se détourner de certains alliés » et de s’affranchir des règles qu’ils défendaient jusque récemment. Emmanuel Macron a évoqué une « agressivité néocoloniale », citant la tentative américaine de capturer Nicolás Maduro ou encore les revendications répétées sur le Groenland.
Sans appeler à une rupture avec Washington, il a réaffirmé la posture française : « Nous refusons le nouveau colonialisme (…) mais nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme. »
À la tête du G7 cette année, la France plaide pour un « multilatéralisme efficace » et pour une alliance entre puissances occidentales et émergentes afin de réformer la gouvernance mondiale. Emmanuel Macron a également défendu une Europe plus autonome.
Il a proposé d’accélérer la préférence européenne et de simplifier le marché unique des capitaux pour permettre au continent de « peser face aux géants mondiaux ».
La moitié du discours a été consacrée à l’Afrique, où Paris affirme avoir « changé de logiciel ». Le chef de l’État a annoncé un tournant militaire retrait ou transformation des bases et partenariats plus ciblés tout en démentant l’idée d’un désengagement volontaire : « Le retrait ne vient pas de la France… il nous a été imposé. »
Les nouvelles priorités se concentrent sur l’innovation, les industries culturelles, le sport, la coopération mémorielle et les liens avec les diasporas. Le sommet de Nairobi en mai 2026 est présenté comme le point d’orgue de cette refondation.
Emmanuel Macron a alerté sur la multiplication des campagnes de désinformation visant la France et nourrissant un discours « anti-occidental, anti-européen et antifrançais ». Il appelle à investir pleinement la « bataille des narratifs » grâce à de nouveaux outils d’influence.
Le président a souligné la solidité des partenariats avec des acteurs clés comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Maroc, tout en assurant un suivi étroit des crises au Soudan, dans la Corne de l’Afrique et dans les Grands Lacs.
Clôturant ce discours combatif, Emmanuel Macron a exhorté les ambassadeurs à passer du commentaire à l’action. Une invitation à renforcer une diplomatie française qui entend rester influente dans un monde plus dur et fragmenté.
MBAÏLEDE Trésor
