Le suspense aura été de courte durée. Jeudi, à Ignié, localité située au nord de Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso a levé toute ambiguïté : il sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle prévue en mars 2026. « Je vous le dis clairement : je serai candidat », a déclaré le président congolais devant une foule de partisans et plusieurs cadres influents de la majorité.
À 82 ans, le chef de l’État s’apprête ainsi à engager une nouvelle bataille électorale, déterminé à prolonger un règne qui domine la vie politique congolaise depuis près de trois décennies. Arrivé au pouvoir une première fois en 1979, puis revenu à la tête du pays en 1997 à l’issue de la guerre civile, Sassou-Nguesso s’est imposé comme l’un des dirigeants les plus anciens du continent. En 2026, il portera à nouveau les couleurs du Parti congolais du travail (PCT), soutenu par la Majorité présidentielle, coalition des formations alliées.
L’annonce du président sortant intervient dans un climat de crispation politique. Alors que la machine électorale se met lentement en marche, l’opposition et une partie de la société civile multiplient les appels à davantage de transparence, dénonçant un système verrouillé et un manque d’alternance depuis des décennies.
Si le camp présidentiel met en avant la stabilité, la paix retrouvée et les projets de modernisation du pays, ses critiques pointent l’absence de renouvellement politique, les difficultés économiques persistantes et l’urgence de réformes institutionnelles profondes.
Avec cette candidature désormais officielle, le Congo entre dans une phase préélectorale où les enjeux s’aiguisent. Qui affrontera le président sortant ? L’opposition parviendra-t-elle à se rassembler autour d’un candidat unique ou d’un programme clair ? Comment les attentes sociales, particulièrement fortes chez les jeunes, se feront-elles entendre dans le débat public ?
Mais une certitude se dessine déjà : la présidentielle de 2026 sera un nouveau test pour la vie démocratique congolaise, où se mêleront ambitions politiques, quête de légitimité et aspirations au changement.
La Rédaction



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