Le Tchad réaffirme son engagement en faveur de la justice internationale. Reçu ce lundi par le Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, la Procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, a échangé avec les autorités tchadiennes sur le renforcement de la coopération entre N’Djamena et la juridiction internationale, dans un contexte régional marqué par la crise persistante au Soudan.
Au cœur des discussions figuraient les enjeux sécuritaires et humanitaires découlant du conflit soudanais, notamment dans la région du Darfour, dont les répercussions continuent de peser lourdement sur le Tchad, pays frontalier qui accueille des centaines de milliers de réfugiés fuyant les violences.
Les deux responsables ont passé en revue les avancées de la coopération entre le Tchad et la CPI, tout en revenant sur le dossier du Darfour, placé sous la compétence de la Cour depuis 2005 à la suite des crimes commis dans cette région à partir de 2003. Cette rencontre a également mis en lumière le climat de confiance qui caractérise les relations entre les deux partenaires.
À cette occasion, le chef de la diplomatie tchadienne a réaffirmé la détermination de son pays à honorer ses engagements internationaux. Selon lui, la coopération avec la CPI repose sur un double impératif : le respect des obligations internationales du Tchad et la solidarité envers les populations soudanaises durement affectées par un conflit qui continue de déstabiliser toute la sous-région.
Le Ministre d’État a toutefois insisté sur la nécessité de promouvoir une justice internationale véritablement universelle. Il a plaidé pour une application impartiale du droit international, estimant que la Cour ne devrait pas être perçue comme une institution concentrant principalement son action sur les affaires africaines. Pour lui, les auteurs de crimes internationaux doivent être poursuivis avec la même rigueur, indépendamment de leur nationalité ou de leur appartenance géographique.
En réponse, la Procureure adjointe de la CPI a salué la qualité des échanges ainsi que l’engagement constant du Tchad en faveur de la lutte contre l’impunité. Nazhat Shameem Khan a assuré que les préoccupations exprimées par les autorités tchadiennes seraient prises en considération par la Cour. Elle a également tenu à rappeler que la CPI exerce sa compétence au-delà du continent africain et a déjà instruit plusieurs affaires concernant des pays d’Asie et d’autres régions du monde, réaffirmant ainsi sa vocation universelle.
Cette rencontre diplomatique traduit la volonté commune de N’Djamena et de la Cour pénale internationale de consolider leur partenariat dans la promotion de la justice, de la responsabilité pénale internationale et de la lutte contre l’impunité, alors que les conséquences de la crise soudanaise continuent de mettre à l’épreuve la stabilité régionale.
La Rédaction
