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COP17 : la Grande Muraille Verte veut accélérer la restauration des terres face à l’urgence climatique

À Oulan-Bator, les pays membres de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) veulent donner un nouvel élan à l’un des plus ambitieux projets environnementaux du continent. Au cœur des échanges : restauration des terres, mobilisation des financements climatiques, recherche scientifique et renforcement de la résilience des populations face aux effets du changement climatique.

En marge de la COP17, consacrée aux enjeux liés à la désertification, à la dégradation des terres et à la sécheresse, les ministres des pays engagés dans l’initiative de la Grande Muraille Verte se sont retrouvés autour d’un même impératif : transformer les ambitions environnementales en actions concrètes et durables.

Le ministre tchadien de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a pris part à cette réunion ministérielle de l’APGMV, présidée par Doumbia Mariam Tangara, ministre malienne chargée de l’Environnement et présidente en exercice du Conseil des ministres de l’Agence.

Cette rencontre intervient à un moment où la dégradation des terres, la désertification et les épisodes de sécheresse exercent une pression croissante sur les écosystèmes et les moyens de subsistance des populations africaines.

Les échanges ont notamment porté sur l’état d’avancement de la feuille de route de l’APGMV. La réforme institutionnelle, la mobilisation de ressources financières, la communication autour de l’initiative et le développement de la recherche scientifique figurent parmi les priorités affichées.

L’objectif est clair : renforcer la capacité des pays membres à restaurer leurs terres dégradées, protéger les écosystèmes fragiles et améliorer leur adaptation aux effets du changement climatique.

Au-delà des engagements politiques, la question des financements demeure l’un des principaux défis de la Grande Muraille Verte. Les États membres souhaitent notamment accélérer la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des projets environnementaux sur le terrain.

Une table ronde avec la Banque africaine de développement (BAD), consacrée à la mobilisation de financements au profit des pays membres de l’APGMV, est annoncée avant la fin de l’année. Cette initiative devrait permettre de rechercher des mécanismes de financement adaptés aux ambitions de restauration des paysages et de lutte contre la désertification.

Pour les pays du Sahel, où les effets du dérèglement climatique se conjuguent avec la dégradation des ressources naturelles, l’enjeu dépasse ainsi la seule protection de l’environnement. Il touche directement la sécurité alimentaire, l’accès aux ressources naturelles, les activités agricoles et pastorales ainsi que les conditions de vie des communautés rurales.

Prenant la parole au cours des échanges, le ministre Hassan Bakhit Djamous a présenté les avancées enregistrées par l’Agence nationale de la Grande Muraille Verte du Tchad, tout en mettant en lumière les difficultés auxquelles elle reste confrontée.

Le responsable tchadien a surtout insisté sur la nécessité d’une solidarité internationale effective, accompagnée de financements climatiques plus prévisibles et mieux adaptés aux réalités des pays vulnérables.

Pour le Tchad, la Grande Muraille Verte constitue en effet un levier majeur pour restaurer les terres, lutter contre la désertification et renforcer la résilience des communautés face aux bouleversements climatiques.

Autre chantier évoqué : le renforcement des capacités scientifiques de l’APGMV. Un colloque scientifique est envisagé en 2027, avec notamment la perspective de renforcer les structures de recherche dédiées aux problématiques environnementales.

Cette orientation traduit une volonté de mieux appuyer les politiques de restauration des terres sur les données scientifiques, l’innovation et le partage d’expériences entre les pays membres.

À l’approche de la prochaine COP sur le climat en Turquie, les États de la Grande Muraille Verte entendent donc porter un message commun : la lutte contre la désertification ne peut plus se limiter aux déclarations d’intention. Elle exige des investissements, de la recherche, une coordination régionale renforcée et des financements à la hauteur de l’urgence écologique.

À Oulan-Bator, la Grande Muraille Verte tente ainsi de franchir une nouvelle étape : passer d’une ambition panafricaine à une véritable accélération de la restauration des écosystèmes, au bénéfice des générations présentes et futures.

 MBAÏLEDE Trésor

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